Brüssel so cruel

A ceux ou celles qui trouverait que ce blog est trop bleu ou trop optimiste, je propose une variante intéressante, une descente sous ciel plombé, une traversée de la capitale de l’Europe et une remontée dans le temps. Oui, j’ai bien voyagé, je ne pensais pas aller si profondément dans les entrailles de la Terre. C’est facile d’être terre-à-terre, il suffit de compter en centimes. Voyez que je n’ai pas toujours le nez en l’air !  

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Au coeur de cette ville en chantier éternel, se côtoient l’extrême richesse –  vous échangeriez bien quelques bouteilles Pétrus contre un Magritte ? –  et l’extrême pauverté  – vous pourriez emballer ces restes de poulet dans mon assiette, c’est pour mon chat ou plus certainement pour le gars qui se gèle devant la porte. Mais vous voulez savoir ?  A Brüssel, ils sont pires qu’à New York, parce que le doogy-bag, vous n’y avez pas droit ! Et les chips, c’est avec supplément seulement… Comme ailleurs, les sans-abris squattent l’entrée des services bancaires, on y sert la soupe populaire, on achète des chocolats à toutes les enseignes de luxe. Mais on passe aussi du Hilton aux Marolles, du caviar aux lentilles, sans coup férir et sans rire. Sans se connaître, sans plus se reconnaître. A faire le grand écart. Toujours plus grand, l’écart.   

Cette ville, décidemment, non ! J’y ai grandi, j’y ai étudié, j’y ai habité, j’y ai travaillé. Chaque rue me rappelle quelque chose, un baiser, un adieu, un examen, un entretien, un succès, un échec, des larmes, des rires, un hôpital, un cimetière, un bistrot, un musée, un rendez-vous manqué, des trottoirs arpentés, des feux clignotants, un ami qui s’en va, une amie qui revient, et le soleil rasant de janvier qui entre dans la pièce par effraction. Une ville paternelle, qu’on dirait fraternelle, mais comme tout a changé ! 

Tant d’années déclinées qui me semblent désormais mortes et enterrées. Et je ne pensais pas, jamais, descendre plus loin encore, sous la neige fondante, collante comme des souvenirs qui n’existent plus. Cette ville, aujourd’hui, il me semble que je la hais pour ce qu’elle est devenue et pour ce qu’elle n’est plus. Alors, je la fuis, la gorge piquante, je refoule mes larmes. Je me réfugie dans un endroit anonyme et intemporel, qui ressemble à une station de métro. Et puis, je lève les yeux. Je souris. Il y a le Bota, il y a du vert, il y a encore de l’espoir !  

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Dans cette même ville, j’ai par trois fois seulement croisé le regard d’un inconnu qui m’importe tant. Dans cette ville, il m’est arrivé de tomber amoureuse. Peut-être même d’aimer. Non, je ne peux pas totalement la détester mais je ne pourrais plus y rester. La traverser seulement, de temps en temps. Peu importe le temps qu’il fait, je ne fais que passer. 

NB : Ceux ou celles qui préfèrent que je raconte ma vie en bleu peuvent voter ici

 

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Petit sushi deviendra grand souchon

Au début, il y avait ça !  Il faut bien reconnaître qu’on ne voit rien. C’est très impressionnant tant de vide, c’est vertigineux même. On se demande s’il faut sauter tout de suite, attendre un peu ou partir dans l’heure.       

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Alors comme on ne voit rien, ou pas bien, et qu’il faut bien s’assurer que ce n’est pas la Traviata, ni Mireille Mathieu qui est revenue chanter à la maison, on se penche un peu, beaucoup et même plus. Et alors on voit ça !

petitsouchon.jpgCe qui est très différent quand même. Même si on se demande toujours si c’est bien lui. Lui aussi se dit que, forcément on ne le voit pas bien, puisque c’est à peine s’il nous distingue de loin (il est myope, m’a-t-on assuré, ce qui lui donne son air poète, mais on dit tant de choses aussi). Bref, personne n’est vraiment sûr que l’autre soit bien là. Comme il est aussi très gentil, et très malin, il précise alors qu’en vrai il ne fait pas trente centimètres de haut. Ni même moins ! Je dirais moins, vu d’ici, à peine deux centimètres … mais je n’ai pas le coeur à mesurer, je sens que je vais défaillir à trop me pencher en essayant de me déhancher en rythme.  

Donc, ce malin, et très gentil, et très poète, qui chante si bien et raconte des histoires drôles si tendres, invite ceux qui ne voient rien au quatrième balcon, tout au haut, à venir le rejoindre tout en bas, pour vérifier qu’il fait bien un mètre soixante-dix-sept. Ou plus … je ne sais pas, il n’a pas précisé et je n’ai pas vérifié. Je suis descendue très vite au pied de la scène avec une dizaine d’autres fans, ou fems je ne sais pas comment on dit. Et là, stupéfaction, j’ai vu ça ! De près, c‘est tout de suite autre chose !   

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 Voilà pourquoi il faut toujours laisser entrer les photographes de presse au concert 😉

Les plus doués surtout. Toujours. 

En Zepplin

Le ciel ! Il est bleu, ici, aussi ! Ici, je veux dire là. Sur le bord du bout de la terrasse, d’où on voit si bien le coucher de soleil et les cigognes qui de posent à l’automne. Bleu, mais clair, pâle même, presque gris. On ne va pas ergoter. Déjà du soleil, même froid, ça fait du bien. Je ne m’y attendais pas.

Hier, j’avais fait le plein à l’aérogare d’Avignon TGV. « Mais maman, on dit aéroport ! Et d’ailleurs, tu ne prends pas l’avion », me précise utilement ma fille chérie qui aime les mots justes. Elle a raison, une fois encore, sauf que moi je dis aérogare parce que j’ai l’impression de monter dans un zepplin qui va filer très vite, survolant la plaine, à quelques centimètres du sol, sans bruit et sans trop rien voir. Il y a un côté planant dans ce voyage. Sur le quai, donc, je me suis bien rechargée, gorgée de soleil. Je l‘ai totalement absorbé, comme il faut faire quand on veut pouvoir en ramener à partager. You don’t have to go oh oh oh oh … Partir, rester, qui mieux que D’yer Maker pour me transporter ?

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 A droite, un Zepplin qui vient d’atterrir  !

En remontant, la brume a envahi la voie, juste après Montélimar. Si vite, déjà ? Le voyage s’est fait en douceur et en cris, il y a toujours des bébés. Parfois, il faut monter le son. Bizarrement, et heureusement, le brouillard s’est dissipé à Lyon et le soleil a envahi le paysage sans que je le vois vraiment. Tonino Benacquista me racontait des histoires passionnantes d’hommes qui remontent à l’homo erectus. Tout va si vite ! Au Midi, c’est pourtant un froid glacial qui m’a accueilli. Les doigts congelés à traîner la valise sur le chemin pavé qui mène jusqu’au refuge. 8 heures de plus et 10 degrés de moins. Le compte est bon ! En famille, le soir, agréable surprise, à se réchauffer. Une famille à demi, il en manque toujours un ou une ! Oh baby I still love you so … On entend bien que ce batteur sait jouer de la batterie. Tiens, il neige. Giboulées de mars. Déjà ! Aussi ici. 

Dans le platanarium

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Petit platane deviendra vieux …

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… et effrayant aussi 😉

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Place des Corps-Seins, on distingue bien quelques beaux spécimens de … platanes et de touristes qui squattent une place au soleil ! L’ombre viendra avec l’été seulement.

A droite, on remarque un if, timide et égaré …
qui n’intéresse personne !

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Les platanes poussent près des roues à eau,
les poubelles aussi

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Pin parasol et genévrier sur ciel Magritte,
encore une confusion de lieu !

Ce lampadaire n’a rien à voir avec l’empire des lumières.

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Les platanes ne poussent pas à l’ombre des ruelles étroites

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… les platanes poussent sur les murs au soleil 😉

Fenêtre sur cour

Maintenant que les jours rallongent, ce qui est bien, c’est qu’on peut ouvrir la fenêtre ! Pas trop longtemps, quand même. Juste pour voir que le ciel est bleu, que le soleil brille, que l’air est frais. Et même qu’on pourrait sortir. Non, ce n’est pas une prison ! Les trois cadenas de l’huis glissent sans bruit et dans la cour, à gauche, il y a un porche. Au fond, il y a un boîtier automatique et providentiel. Miracle ! Le lourd battant s’ouvre lentement en grinçant et se referme, sans qu’on n’y touche surtout. Dehors, c’est pareil. Il y a le ciel bleu, le soleil qui brille, le vent qui souffle. Oui, il souffle plus fort. On le sent bien qui s’engouffre dans le rue étroite où les voitures vous frôlent. Le trottoir fait 50 cm à peine, sur dix mètres, puis il s’évase. A droite, il s’échappe vers un boulevard qui, dans mon souvenir, mène à la tour Eiffel. Ca fait quoi d’être libre ? A gauche, il s’évade vers le cloître Saint-Louis, vers la Poste et vers la Gare, vers tous les départs possibles. Là où il y a des arbres, comme on voit bien sur les autres photos. Ce sont des platanes, je rassure tout le monde ! Ici, il y a des platanes partout et il n’y a que des platanes. On n’est pas à Paris, non plus ! Dès que je trouve une autre espèce, je vous fais la photo 😉

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