Pâques aux tisons

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Bonne fête à toutes les Pascale et aux Pascal !
Et au printemps, quand il va se décider à arriver.

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Rayons parallèles

Ici, c’est déjà l’heure d’été, on sent bien qu’on a basculé ! Les Pascaliens sont arrivés et ça se voit ! Ne me demandez pas à quoi on les reconnaît … Il y a dans leur regard une curisiosité, une incrédulité, une hésitation, un pas incertain, une valise parfois, la bouche en point d’interrogation. Alors, pour éviter d’autres égarements, je vais m’employer à  baliser le terrain.

Ici, entre ses murailles, la ville est découpée en quadrants, je dirais trois. Trois, plus un, font quatre mondes parallèles, que d’étroites ruelles relient en labyrinthe. Bien malin qui s’en sort indemne. Tout ça n’est pas très mathématique, vous conviendrez ! En math, j’ai des lacunes …  Dans cette ville, qui ressemble à une éponge plus poreuse qu’il n’y paraît, je vous ai fait un petit parcours guidé depuis la gare, depuis la poste, depuis chez nous, en remontant vers le Palais des papes et le rocher des Doms. Du Sud au Nord, vous avez trois options.  Si vous venez, prenez la boussole. Ou votre montre règlée à l’heure d’hiver, rapport au soleil, c’est plus correct, avec vos lunettes de circonstance ! 

A l’Ouest, la belle et longue rue Jospeh Vernet, légèrement courbée et bien fréquentée. C’est la rue chic et toc, avec ses enseignes de luxe, ses coiffeurs de luxe, ses lingeries de luxe, ses hôtels de maître, son collège, son église, son et ses musées. Une librairie, comme on les aime, débordante, intelligente, puits de conseils pour des khâgneux passionnés. Sur le trottoir étroit, on croise des enfants bien habillés de bleu uniforme et des dames trop parfumées sur leurs talons coincés. Les sacs en bandouillère et branchés, en pur vinyl, s’annoncent à 260 euros, les vestes en cuir orangé sont sans prix affichés, je ne suis jamais entrée. Vers le Rhône, qu’on devine à peine de l’autre côté des murailles, la place Crillon, son hôtel de luxe et ses restaurants gastronomiques, on y entre avec l’envie d’y rester.   

Au Centre, la République ! Ouverte à tous les vents, mais le Mistral est prioritaire.  On y trouve un peu de tout, le Monoprix et la FNAC, des banques, des snacks, un musée, un parc, l’office du tourisme, la radio bleue, et des boutiques qui ressemblent à toutes les boutiques de toutes les villes de partout. Une savonnerie,une parfumerie, un marchand de vins, un vendeur de pistaches grillées. Des mendiants, des légionnaires et des chinoises aux petits pieds, bousculées au milieu des passants pressés. Sur la chaussée envahie, se croisent toutes les classes moyennes, transitent tous les enfants, traînent tous les ados. Un cinéma à gauche, un cinéma à droite, tout au fond d’une travée, à l’abri des regards. Et tout au bout, tout en haut, car la rue est très légèrement pentue, comme un but à atteindre, la Place de l’Horloge, son Opéra et ses terrasses en cascade bruyante. Puis, comme un Graal, enfin, le fameux Palais ! Déception, il est caché par un immeuble si laid qu’on se demande quel décervelé a pu avoir l’idée d’autoriser sa constrution. Tromperie et séduction, c’est très commerçant.

A l’Est, toujours en remontant depuis la gare, les corps seins qu’il faut savoir apprécier, la rue des 3 faucons qui attire les vrais pigeons avant de se tranformer en rue des Fourbisseurs qui croise la rue de la Bonneterie, qui n’est pas la rue de la Truanderie, mais déboule sur la place du Change où tout s’échange et qui rassemble tous ceux qui cherchent … sans trouver. Des touristes égarés que je m’amuse à orienter. Non, désormais, je ne suis plus étrangère à la ville ! Je sais que dans ce dédale piétonnier, il y a des boutiques qui vendent des chaussures à 5 euros, une droguerie qui sent l’encaustique, une anarque à la lavande, un centre de photocopies qui fait dépanneur à ses heures, un resto japonais qui ferme plus souvent qu’il n’ouvre, un restaurant italien qui sert de fausses pâtes en terrasse, je ne suis jamais entrée. La mule du pape et les frippiers ravalisent de couleurs assoiffées, il y a des acheteurs d’or et des vendeurs d’innocence. C’est plutôt toc, populaire, limite vulgaire.

Alors, si on poursuit sur sa lancée, et pourquoi s’arrêter, on atteint les Halles et la place où se tient le marché des brocanteurs, mardi, jeudi, sous le soleil et malgré le vent. Puis, on redescend vers la rue des Teinturiers, avec ses roues à eau qui attirent les badauds tout esbaudis qui n’ont jamais rien vu ! Et puis, à pousser la curiosité, dans les ruelles tout autour, au Nord, au Sud, au Levant, au Ponant, un peu partout, au détour des pas qui tournent en rond, des places, des placettes et des impasses, on trouve des théâtres, petits et grands. Cachés, planqués, animés ou fermés, attendant l’été pour revivre. La comédie peut continuer, le décor est en place, les acteurs arrivent. Et vous, vous descendez quand ?

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Eglise de luxe sur fond de ciel Michel-Ange
en  habit de vendredi saint 

De l’invention de la roue

Quand tout roule, on ne se pose jamais la question ! Pourtant quelle belle invention : évidente, simple et ronde. La roue, comment ne pas y avoir penser plus tôt ? C’est seulement quand le pneu est crevé quand on y réfléchit. Ici, déjà, je n’ai pas ce problème. Pas de voiture, pas de pneus à changer, ni d’hiver, ni d’éte. Je rappelle d’ailleurs à qui veut l’utiliser, que je mets ma voiture en location, dans le Nord. Les amateurs ne se battent pas au portillon. Pourtant, c’est bien pratique d’avoir un grand hayon à disposition pour transporter machine, sofa, table et autre barda. Ou encore pour apprendre à conduire, je ne suis plus à une griffe près. Voilà que je suis en train d’inventer la voiture à partager ! C’est évident, même si tout le monde n’a pas encore compris. Parfois, il faut un peu de temps pour que les idées fassent leur chemin. Ici, sans voiture, je me déplace donc à pied et en bus.

Le bus, c’est bien, c’est pratique. Il arrive régulièrement en retard. il suffit de le savoir et de prendre le précédent. Ca tombe bien, il y en a souvent. Non, franchement, le service assure. Les chauffeurs et les chauffeuses sont souriants et souriantes, sous leurs lunettes solaires. Ils ou elles attendent même les retardataires qui courent après le bus précédent, ce qui va mettre le bus en retard forcément ! Et tout le monde dit merci en descendant, sauf les voyous qui se battent entre les portes. Il y a un peu de tout dans le bus, c’est très bigaré comme j’aime bien. Beaucoup de jeunes mamans avec leur landeau, comme je me souviens toujours qu’à Antwerpen ma mère n’avait pas pu monter dans le tramway avec mon frère emmailloté. En pleurant et à pieds, on était rentrés tous les trois. Pourquoi tu pleures, Maman ? J’avais quatre ans. Ici, tout le monde embraque. Les vieilles emperlées ou en henné, les impotents et les innocents, les étudiants et les glandeurs, sans distinction. Et ça parle beaucoup, facilement, naturellement. C’est vivant. Rarement j’ai vu un pneu crevé, il n’y a pas trop à se tracasser.

En revanche, c’est quand je vais à pied que c’est plus compliqué. Parce que les courses pour les ramener, il me faut les porter. Et vous savez comme j’aime ça porter ! Bien obligée de me faire assister. Un très inélégant caddie fera l’affaire. Il fait du bruit, me dit ma fille gênée, qui marche 30 mètres devant moi. Certes, mais je m’en moque bien, tant qu’il roule. Et qu’il me permet de ramener l’eau en bouteille, les pommes de terre et de la farine. C’est bête vous me direz, l’eau courante, on l’a inventée pourtant ! Sauf qu’ici, on utilise des sels d’aluminium pour la purifier. C’est con, non ? Puisqu’il faut bien s’hydrater sainement et boire un thé qui ressemble à du thé, avec mon paquettage bien chargé, je monte alors dans le bus. Et là, crac, dans un tournant trop brusque, le caddie bascule. La petite roue a cédé. C’est con ! Une fois, deux fois, c’est arrivé. Un caddie plus solide j’ai acheté. Et crac, ce sont les racines des platanes qui ont eu raison de mon charroi. Ne riez pas ! C’est drôle, j’avoue. La roue brisée a roulé esseulée sur la rue. Un caddie très laid, sans roue, qui ne roule pas, on en fait quoi ? La semaine prochaine, j’essaie le vélo. A deux roues.

Hello !

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Enfin des bonnes nouvelles, le matin, en ouvrant le journal !


De quoi se mettre de bonne humeur, tout va bien. La neige reste enfin sur les arbres ! Le réchauffement climatique, c’est juste une question d’adaptation. Il ne faut pas trop se fier aux apparences. On pourrait neige.jpgcroire que cet hiver n’en finit pas et que d’autres sont mieux lotis. Pas du tout, il fait pareillement gris partout. Un nouveau pape ne fait pas le printemps et une hirondelle ne suffit pas à nous faire gober n’importe quoi. Les rameaux se ramassent à la pelle, les roseaux rompent sous l’effet des effluents pollués. Les aisselles des femmes aspergées de sels d’aluminium préparent les cancers de demain, en toute légalité. La magarine sur les tartines des hommes prépare leur cancer du colon, sans transition. Le niveau de la mer monte aussi vite que celui des réserve de pétrole descend. Les pigeons s’en moquent, tout excités qu’ils sont par la progression de leur équipe de football. Et dire qu’ils ne savent même pas y jouer ! C’est passionnant à observer, c’est fascinant le monde résumé à sa plus simple expression, un ballon rond. No matter, I don’t care, be happy !  

Fin de l’Isère

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20 mars. Ici, le ciel est presque bleu, avec un abri pour quand il pleut. La SNCF nous souhaite un bon printemps, c’est pourquoi sûrement le train a 20 minutes de retard. Du moment que le soleil est au rendez-vous, mon rendez-vous attendra ! D’ailleurs, il est fixé en fin de journée, me laissant le temps de rôder dans la vieille ville aux allures faussement italiennes. Du Nord, l’Italie ! Les façades ont l’austérité des banquiers et la même rigueur suisse. J’espère y trouver un autre crédit. Les montagnes au loin, très loin, pas si loin. Par beau temps, il arrive qu’on devine le Mont blanc. Les jardins suspendus et les coteaux aménagés rappellent que Liège pourrait mieux valoriser sa citadelle. Les ruelles en piège à touristes sont pareilles à celles de Brüssel, à peine moins belles. Et l’autoroute urbaine qui longe le fleuve est aussi polluante que partout, surtout quand c’est nous qu’on est dessus !

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Une ville en trompe-l’oeil. Où l’apparence est tout et qu’on se trompe sur tout. Une prétention à exister face à la province. Il y a des mendiants et des gens pressés, des guides inspirés et des gamins en congé. Il fait doux mais que c’est froid ! La ville me glace comme à l’automne où je l’ai traversée les pieds trempés. Les quais de Saône sont submergés et les plongeurs sont débordés. On y sent pourtant une belle énergie et la volonté de ma fille de venir y étudier. A déguster la cervelle des Canuts, je me suis régalée ! On y mange bien, quand on a le sou, mais beaucoup trop cher pour du surgéle mal réchauffé. Heureusement, sur la place Carnot, un marché de producteurs locaux m’a réconcillé avec la nature. Ils viennent de loin, les paysans, et elles ont voyagé les olives de Nyons que j’ai ramenées. Il y a une faute, non ? On dit Lyon.

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Le printemps est arrivé ! A Bruxelles aussi ?

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A l’ombre des rues mal pavées

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Santorin, où j’irais bien

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Boulevard Raspail ?

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Ville entre deux eaux

 

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Lyon, impression soleil fuyant