XL blues

A ceux et celles, qui trouvent que je mets trop de gris au Nord, je veux offrir ces quelques images prises dans une partie de la capitale qui fut une patrie d’artistes, d’écrivains, d’architectes, de penseurs, comme en témoigne cette image cueillie dans cet endroit insolite. Elle invite à méditer sur l’inconscience cette jeune fille qui se promène de gris dévêtue au milieu des gisants. 

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Comme j’ai un mois d’avance sur la floraison des tombes, je ne vais pas m’attarder sur ce cimetière richement décoré, noblement garni et reposant, c’est bien le moins qu’on en attend ! Certains le comparent volontiers au père-la-chaise-qui-était-si-mal-assis-qu’il-est-tombé mais je n’y ai vu aucun musicien connu, sauf le grand-père Ysaye. Célèbre violoniste liégeois qui, comme on sait peu, fut amputé et mourut de la gangrène, alors que ma mère avait deux ans à peine. Les histoires traversent le temps, parfois on s’en rappelle. Ma fille, qui étudie la musicologie, va reprendre le violon. Elle est pleine de bonnes intentions.

Or donc, autour de l’Université bleue, où je suis retournée, pour régler certaines formalités, car l’informatique ne résout pas tout, surtout quand elle est en panne, j’ai pu observer quelques beaux immeubles sur fond bleu. Je m’en voudrais de vous faire croire que tout est noir au pays des corons ! D’ailleurs, ici, il n’y a jamais eu de charbon.

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Front de mer floridien, qui me parle d’amitié.

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Ceci n’est pas un platane !

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Ceci n’est pas une soucoupe volante !

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Ceci n’est pas un RER !

Et comme à XL ma belle, il n’y a pas de gare, je vous offre celle-ci, qui n’est pas loin et la dessert assez bien. En prime et en primeur, on aperçoit une rame du futur rer. Celui-là même que je prendrai, ou pas, pour aller à la cérémonie de remise du diplôme de ma fille … dans cinq ans ! Ces voyages incessants dans le temps sont fatigants.

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Automne emporte le vent

Mardi, en descendant la Meuse, au petit matin, le ciel était merveilleusement rose. Doux comme l’ouate, brumeux à souhait. Les tours de la centrale se dévoilaient à l’aube d’un jour nouveau où elles seraient devenues inutiles. Impression soleil levant sur le courant. Mardi, en remontant la Meuse, en fin d’après-midi, le ciel était étonnamment bleu délavé, derrière des carreaux qu’on aurait mal lavés. En se penchant mieux, on pouvait apercevoir une éolienne sur le ciel parfaitement bleu, mais d’un bleu sale qu’on dirait gris. Impression soleil caché qui n’est même pas couché. Jeudi, au mitan de la journée, le ciel d’automne est juste comme ça ! Sans la moindre trace de vent, avec cette humidité qui me transperce le dos, les épaules et les coudes, et les côtes, et la tête. Alouette ! Un ciel parfaitement uni et si bas qu’on oublie que le soleil brille par-dessus les nuages. On vit en Wallandrie ou pas !

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Soudaine envie de retrouver les Indiens du Lac-St-Jean,
de traverser l’Abitibi-Témiscamingue ou de me fondre
dans un paysage en couleurs comme celui-ci ! 

I’ve got the blues…

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Trop tard, il est parti ! L’été finit à Saint-Rémy…
Parfois, il se prolonge jusqu’au 6 octobre !


Fly

Ce midi, à l’aéroport-qu’on-dit-national-mais-en-flamand-d’abord, deux amis se sont croisés.

L’un revenant de l’Est, et même du Far-East, après un voyage en transsibérien, jusqu’en Mongolie dite extérieure. De la muraille de Chine, il a atterri à Hong-Kong puis à Macao. En Inde, il a vu l’Assam et le Rajasthan. Il a dompté les contreforts de l’Himalaya, jusqu’à gravir l’Annapurna. Au Népal, il est allé, il est redescendu. Qui n’a pas un jour rêvé pareil voyage ? D’amis il était entouré, mais c’est une terrible solitude il a dû surmonter. Il en est revenu plus fort, différent assurément. 

L’autre, au même instant, s’envolant vers l’Ouest sans aller jusqu’au Far-West, rejoindra le Lac Michigan pour traverser les plaines du Nord au Sud. Trop entouré, c’est une autre solitude qu’il devra surmonter. Ses souvenirs il devra dompter plus que la moto chevaucher. Et il racontera, comme l’autre a partagé. De photos et d’impressions, j’ai été gavée. Sur le réseau social sans nom, vivre le récit en direct et en différé, ravie et étonnée d’une telle proximité.

Existe-t-il plus belle invitation au voyage dans ce monde qui est désormais notre village ? Après avoir plaidé pour la musicothérapie, moi qui ne voyage plus désormais qu’en train à toutes vitesses, voilà que je milite pour la taxi-thérapie ! Et par télépathie, ça marche aussi ? Assurément, la prochaine étape dans l’évolution de l’humanité.

Gris ulbe

En arrivant du Midi au Midi, voilà ce que j’ai vu. Vous avouerez que c’est gris ! Ceux et celles qui trouvaient que mon bleu n’était pas assez bleu seront servis. Ici, tout est parfaitement gris, je n’ai rien inventé. Et tout est bien mouillé. Les gens autour de moi éternuent, certains toussent, crachent sous le crachin. Allongée dans mon lit, j’ai à nouveau mal comme j’avais oublié que je pouvais avoir mal. Comme si j’étais passée sous un train ! Mais non, voyons, je suis restée dedans. Je n’ai pas ouvert la portière pour remonter la voie à pied !

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Or, donc, je me suis dit que d’aller inscrire ma fille à l’université bleue m’offrirait certainement un ciel plus radieux ! J’ai remis mes pas dans les siens, à moins que ce ne soit le contraire ! L’idée même de retourner sur les lieux hantés d’examens à réussir m’a donné le vertige. J’ai cours au Janson, m’annonce-t-elle, fièrement ! Oui, ma chérie, tout comme moi pareil. Et dans le bâtiment H, dans les salles du deuxième niveau ou dans le grand amphi du premier. Cette université, je l’ai tellement arpentée, que je ne sais plus ! Et du changement de train, et de l’arrêt de bus, et du croisement avec le tram. J’avais tout effacé de ce temps passé à rien qu’à essayer de penser à l’avenir. Voilà que j’y suis retournée, j’ai replongé. Les étudiants sont pareils. J’ai acheté le syllabus et les syllabi au même endroit, exactement. Rien à changer, sauf moi.

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Où on voit bien que la science
vient nous éclairer … 

Ce qui a changé, c’est que je n’aurais même pas dû y aller ! Elle est virtuellement déjà inscrite ! Il reste à payer, virtuellement aussi bien sûr… Pourvu surtout qu’elle ait l’esprit critique, comme sa mère ! Et la liberté de penser. Déjà, je lui ai donné le choix. Elle a pu examiner et comparer ! Aix et Bruxelles, ce n’est pas du tout pareil ! Il n’y a qu’un X en commun. Le ciel est très différent, les cours aussi. Elle a préféré le gris, bien lui en a pris ! A la musique, elle va se consacrer… Et on va étudier le rock, a demandé un facétieux qui a tout compris.

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Bien sûr qu’un métier mieux payé serait assuré,
si elle avait choisi cette faculté !
Mais roquer reste toujours une possibilité.

Où on voit bien que dans le Nord,
on essaie vainement de capturer du bleu …

 

Sister Rosa

Parfois le temps se suspend,
parfois la fin de l’été nous surprend.

Cette photo, qu’on dirait retouchée,
ne donne aucune idée du parfum
de cette rose capturée au jardin de la bugade.

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Journée du patrimoine à Villeneuve-lez-Avignon. 

C’est juste à côté. Dommage, le pont est cassé !  

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Comme d’habitude, pour circuler incognito,
de voiles je me suis emballée,
le vent sous ma jupe s’est glissé.

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Dans une cellule de la chartreuse (deux niveaux, feu ouvert, commodités à l’étage, loggia et jardin privé), je me suis réfugiée pour prier (vous me connaissez), méditer (on peut le dire comme ça aussi) ou simplement penser très fort à vous en regardant le fort-saint-andré.

Faudrait que je songe à écrire ! 

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J’ai ouvert la fenêtre,
je sens que l’inspiration va venir …

Respirez, je reviens.
J’arrive avant de repartir !
En courant d’air, je me suis déguisée.

Petit tour du calendrier

Il y a un an, exactement ! Un an qu’on posait le pied en Avignon, après un long et premier trajet en TGV, en pensée d’amis accompagnées. Un an pour découvrir une ville. Apprendre à l’aimer pour ce qu’elle est et à la détester pour ce qu’elle n’est pas. A chasser les illusions, comme les nuages balayés par le Mistral. Difficile ancrage. Il faut savoir plier pour ne pas rompre. Apprendre à tanguer. Apprendre à pousser, légèrement penchées comme les arbres ici, qui ne sont pas tous des platanes mais parfois des cyprès ou des oliviers. De fleurs de laurier pour ma mère faire provision. De couleurs de ciel bleu à profusion s’abreuver. De leçons de vie pour ma fille se targuer. Putaing cong un an ! On a failli prendre l’acceng !

DSC_0909.jpgDimanche au marché d’Avignon-Sud,
avec vue sur l’Atlas

Un an de trains, rapides, qui remontent le Rhône. Un an de bus, locaux, qui évitent la rocade. Un an de marche, parfois sur les marchés. Un an de campement, à se débrouiller carrément. Un an d’une vie si vite passée qu’il faut prendre le temps d’apprécier chaque instant. Tout est cadeau. Un an de veine et de déveine. Une année en Avignon à deviner d’où vient le vent. Facile, il vient toujours du Nord. Il chasse tous les brouillards … 

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Entrée d’un train en gare de Lyon,
à Lyon-la-part-dieu-qu’on-a-laissée

Un an de photos mélangées, avec des appareils défaillants et des clichés détonants. Vous n’avez pas tout vu, ce blog n’a que neuf mois ! C’est maintenant que ça devient intéressant. Ou pas ! L’avenir vous le dira… Il y aura d’autres départs.  

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 Samedi au marché-les-vignes, une marque posée


Petite piqûre de rappel

Toujours plus bleu ! A ceux qui n’arrivent plus à nous suivre  — et j’avoue que moi-même je m’y perds — je précise que cette fin d’été, qui est aussi le début de l’automne, se décline entre Avignon et Aix-en–Provence. Entre les deux, il y a une ligne de bus qui relie heureusement les deux cités que rien ne rapproche, que le Lubéron sépare, qu’une autoroute partage, que je n’ai pas encore réussi à cerner. A Avignon, je connais tout, du nom des rues, des lignes de bus, des commerces ouverts et fermés, de la couleur du vent. D’Aix, je ne connais rien que les travaux de la gare routière, la rue de la fac qui monte tant quand on la prend dans le mauvais sens, le marché du Cours Mirabeau où tout n’est pas beau, où les robes bizarrement sont à 10 euros et les appartements à des prix indécents.

Ici, les gens sont charmants. Surtout quand on leur parle ! Accueillants, aussi. C’est très encourageant. Malveillants, parfois, c’est très décourageant. C’est comme partout finalement ! Je cherche encore une âme à cette ville très verte de l’extérieur, très peu durable de l’intérieur. Les piétons peuvent toujours essayer de marcher sur les trottoirs défoncés qu’on a oublié de tracer. Aix pourrait vite ressembler à une ville engorgée de voitures, polluée de camions mal garés, embouteillés de bus bruyants qui sont néanmoins bien pratiques. Une ville de fontaines qu’on peut regarder sans toucher. Une ville de collines à grimper, de périphériques à traverser, de ronds-points à contourner. Une ville de villas et d’immeubles ensoleillés, avec des jardins de lauriers et de jasmins à humer.    

Victoire ! De loin, en se penchant, on peut essayer d’apercevoir la montagne-sainte-victoire-qui-porte-si-bien-son-nom. Gagné ! La moindre chambre sera facilement une centaine d’euros plus chère qu’à Avignon, ou que n’importe où ailleurs. D’ailleurs, ici, tout est plus cher ! On a de la chance, on est dans le 13. C’est sûrement pour ça qu’on pense que tout le monde a gagné au loto ! Ici, tout est plus. Sauf les cours qui sont moins intéressants. Dommage, c’est pour ça qu’on est là. Et puis, il y a moins de bisous sur les joues. Ici c’est deux bises et pas trois. Ca fait des économies de salive ! Ca fatigue moins le cou. Surtout quand on a dû se pencher pour apercevoir vous savez quoi désormais… ! Regardez mieux… un coin de ciel bleu ! Tiens, on dirait que le bleu paraît moins bleu. 


Patientez, la photo arrive…
C’est le Sud, on a le temps, et puis on fait
si facilement des promesses !


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” ex fan d’aix, petite babydoll “


Nostalgique, en maternelle, ma fille voulait retourner.
En fac, c’est dépitée qu’elle s’est retrouvée !
Désormais, à l’université, elle veut entrer.

Librement. Adieu, ciel bleu !