Fin octobre

Sous le gris, se cache l’or jaune !

cielgrisjaune.jpg

Derrière les arbres, se couche le soleil.

J’aime bien regarder loin …

Au bord du Nil, le soleil disparaît
pareillement sur la rive des morts
 … et revient chaque matin !

J’aime bien être ailleurs…
et ici en même temps !

Penser à ceux qui sont ici,
partis et partout.

Advertisements

Tous en bus !

Tout le monde connaît ma passion pour les transports en commun ! Outre le train, à grande vitesse, il y a le bus, désormais indispensable après la disparition de la trottinette rouge qui squattait devant la porte. J’ai désormais une raison supplémentaire d’apprécier le bus : on y fait des rencontres inopinées ! 

A peine débarquée en Avignon, je monte dans un bus de la ligne 3, bondé en ce lundi matin, et j’entends : Mireille ! A peine descendue au Boutroul, je remonte dans un bus de la ligne 20, bondé en ce vendredi après-midi, et j’entends : Mireille !  Indéniablement, ma cote de popularité commence à grimper, au Nord comme au Sud ! 

Bien sûr, depuis que je suis passée par la case rouge du bulletin de vote, au Nord, j’ai l’habitude de croiser des gens qui me reconnaissent. C’est tellement habituel que ma fille ne veut plus aller au marché avec moi. Il y a trop de chapelles à chaque fois. Ici, il s’agit d’une amie très active sur les réseaux dits sociaux, sorte d’exception qui confirme la règle. Oui, je suis très fière d’avouer avoir plus d’amis dans la vie réelle que de visages virtuels affichés sur face-de-bouc !

Au Sud, c’est plus amusant encore, parce qu’en moins d’un an, j’ai réussi à croiser suffisamment de personnes pour dire que je deviens Avignonnaise. Non pas «mayonnaise » ! Il ne faut pas tout mélanger même si, parfois, je tourne en rond.

Dans les deux cas, le bus était surpeuplé et on avançait peu. L’occasion d’échanger longuement et de permettre à tout le monde d’apprécier la richesse de notre conversation et la pertinence de nos propos. Au Sud, la jeune femme rencontrée m’a donné de bonnes nouvelles. Elle s’occupe de faciliter l’implantation du tram, qui passera devant chez … moi ! Enfin je crois, si je suis toujours là.

En tous cas, s’ils pouvaient prévoir des zones de rencontre et de confort pour discuter, ce serait une bonne idée ! Déjà, à l’arrêt de bus, c’est fou comme on échange vite, surtout quand le bus est en retard, déjà passé, pas encore arrivé, vous savez s’il s’arrête au marché ? Et puis, en attendant, on s’assied. Il arrive même qu’on bavarde au soleil, avec sa fille, en complicité, et qu’on s’octroie un moment de liberté. En levant les yeux, il me semble que le bleu est pareil, partout, quand on est juste heureux ! 

garewa.jpg

Ancien Hôtel California ? 

Sans cervelle

Lundi, il fait étonnamment doux. Mardi, aussi. Gris et doux. Un vent du Sud-Est annonce une pluie qui va épargner le Nord. Aujourd’hui, je vais remonter, traverser la Bourgogne dorée sous le soleil d’automne, à peine roussie. Il fera vite noir. Et à mon arrivée, il fera noir et mouillé, il faut s’habituer. Demain, j’essayerai de poster ce message. Reprendre le contrôle de la machine qui a failli, défailli. Le ver était dans le fruit depuis février. Défaillance humaine qui a conduit, dans un premier temps, à abîmer le disque dur par une mise à jour inopportune. Puis, dans un second temps, à empêcher la sauvegarde des données. De toutes les données ! Noôoon ? Si !  Mais le plus drôle, vous allez rire, c’est que la clé usbé, celle qui contenait l’essentiel, ou du moins le principal, a disparu elle aussi. Fin de l’histoire, disparition de la mémoire. Ohohohooo, you don’t have to go, hahaha !!! Bientôt halloween, paraît-il …

 — photo du disque dur devenu mou —

C’est quand on se retrouve à poil qu’on s’aperçoit qu’il manque une béquille pour tenir debout ! Voilà que je me retrouve comme un poulet sans tête. La moindre info à vérifier sur Internet, un nom, une date, un site, une citation, … oups ! On est perdu. Le courriel des amis, la prose et la poésie, les photos, les graphiques, les études, les factures, un blog, plusieurs, un site et même deux, une préparation, un cours, quelques histoires au fond du placard ! Pas la peine de dresser l’inventaire, la terre s’est ouverte sous mes pieds.Tout a glissé au fond du trou. Peut-être que ça vaut la peine d’imprimer quand même ? Je me raccroche à des lambeaux de papiers éparpillés au fond des tiroirs. Il faut sauvegarder, dites-vous ? Certes oui, j’y avais songé mais jamais sérieusement étudié la question. Il faut croire que j’aime déconstruire, reconstruire. Repartir de la feuille blanche, remplir l’écran vide. La vie sans cesse recommencée.

 —photo disparue

Néanmoins, parce qu’on avance difficilement sur une patte et sans tête, je me suis dit qu’il fallait réparer. Car, non, je n’ai pas les moyens de me racheter un nouvel engin ! Et c’est là que ça devient franchement drôle. Le technicien du call-centre-d’appel-d’apple me dit qu’en réalité l’opération prend à peine une heure ! Le technicien de la fnac-de-la-ré qui n’y connaît rien me dit qu’il faut changer la carte mère, qu’il ne peut pas le faire, et que ça prendra au moins un mois s’il envoie la bête, loin, ailleurs, je ne sais pas où, mais loin. Le technicien du magasin-à-la-pomme-de-la-ville-nouvelle me dit qu’il y a plein d’étudiants et de professeurs. Seraient-ils tous en panne en même temps ? Il me dit  que ça prendra trois semaines, parce qu’il doit l’envoyer loin, quelque part waar-vlamingen-tuis-zijn de l’autre côté de la frontière linguistique. Curieusement, à la-courtine-à-côté-de-la-gare-à-très-grande-vitesse, le technicien qui fait son malin me dit qu’il n’a pas la pièce, mais qu’il pourrait faire un effort, surtout si je dois partir. Vite, je dis !

—photo d’un jeudi pas trop gris —

Trois jours contre trois semaines. Je ne m’en sors pas si mal finalement ! Savoir prendre son mal en patience, assumer ses erreurs de manipulation. Ne pas trop penser au trou béant, là juste devant. Il faut avancer, c’est une évidence. D’ailleurs, on n’a plus assez d’essence pour faire la route dans l’autre sens. C’est pourquoi je préfère le train, comme vous savez ! Et que je savoure ce moment de retrouvaille.

Fatch’alors !

Aujourd’hui, je m’adonne à mon sport favori : écrire ! Enfin, j’essaie du moins quand le réseau veut bien. Vous me direz que je pourrais prendre un crayon et du papier. Pas faux. Mais non, je suis écologique, je ne vais pas gaspiller ! Rivée à mon écran vacillant, j’ai quand même l’impression de perdre mon temps, même en écoutant Bono-qui-chante-drôlement-bien ! Aussi, puisque le temps le permet justement, j’entreprends une activité typiquement méridionale. Etendre le linge à la fenêtre ! Là, on dirait vraiment le Sud. D’ailleurs, j’y suis et j’adore ça ! Je me sens soudain mama italienne. J’ouvre le battant, je rabats le volet, je me penche et, sur les fils tendus expressément prévus à cet effet, j’accroche les tissus mouillés qui sentent le frais. Dans une heure, ils seront secs, les bougres ! C’est le vent grand’maman, dirait ma-mémé-qui-se-tordait-les-mains. Vive l’énergie éolienne !


Je retourne à l’écran. Cette connexion décidément n’en fait qu’à sa tête. Je décide alors de porter les canettes et les verres vides dans les containers. Comme à Saint-Charles-qui-ne-fut-pas-pape, en tournant le coin de la rue. Mais rien de tout ça ici ! En face de l’appartement, de l’autre côté de la N7, il y a un ensemble d’immeubles. Hauts ! Ô combien ! Quinze étages au moins. Trois barres, harmonieusement décalées qui se fondent dans le paysage, entre la ligne ferroviaire et l’église-du-sacré-coeur-qui-fut-détruite-et-reconstruite-après-la-guerre. Autant dire que l’église, qui sert aussi de paratonnerre, se confond aisément avec les bâtiments voisins, surtout qu’un vaste parking les enserre. Ce parking est bordé d’arbres, je vous laisse deviner lesquels.


Tout autour, dans un 360° qui s’impose, on trouve une plaine de jeux herbagée, un square grillagé, une école maternelle, une cabine téléphonique, une boîte aux lettres. Sur l’avenue, un abri de bus, où deux bus au moins s’arrêtent mais pas toute la journée. Enfin, je l’aperçois discrète et mal placée ! La bulle à verre, qui n’est pas verte, qui n’est pas ronde, mais grise et carrée sans rien d’indiqué. J’ai trouvé ! En revanche, je cherche toujours la bulle à plastiques. Voilà donc un ensemble avec quelque cinq cents ménages qui ne pratiquent pas le tri sélectif ! Maigre consolation, en retraversant la route, j’aperçois un container bleu dédié aux cartons pliés et autres papiers. Chouette, je vais pouvoir y jeter tous les tracts du front-sans-nom que je n’ai pas encore reçus. Ici, comme ailleurs, il y a encore du chemin à faire. Ce soir, toutes mes pensées sont dédiées aux militants du Nord, ceux de la première heure ! Tiens, le réseau revient. Je vous embrasse virtuellement ! Du moins, j’essaie… 

DSC_1344-1.jpg

DSC_1345-1.jpg

Les platanes sont des arbres précieux …

Devinette

C’est un endroit où le ciel est vert, où les créateurs se rencontrent, où les gens cultivent la mémoire en se déguisant, où même le vent n’en fait qu’à sa tête, c’est un endroit sorti du temps ! C’est… c’est? 

DSC_1410B.jpg

DSC_1408MG.jpg

DSC_1400MG.jpg

DSC_1397MG.jpg

DSC_1394.jpg

Gounod y séjourna, Miréio l’inspira !
Marèse l’adora et Dominique à l’opéra
.

Sunset Boulevard

Il est revenu ! Le vent ? Que nenni, le vent ici ne nous quitte jamais vraiment. On peut même dire qu’il nous a bien refroidi la journée à Saint-Rémy, où les toiles comme les espoirs se sont envolés. Au petit bonheur, pas de chance ! Même si quelques contacts suffisent à réchauffer le coeur quand de vrais amateurs décèlent un vrai talent ! Non, je parle du soleil, bien sûr, qui réchauffe si bien les pièces quand on ouvre les volets. De mon soleil particulier, qui trop souvent dans le Nord se cache derrière les nuages. Celui qui dans le Sud, se couche en cachette derrière les nuages de beau temps qui ressemblent à des montagnes. Vous croyez que j’invente ? Pas du tout, je n’ai pas la photo !

DSC_1417H.jpg

N7

DSC_1457.jpg

Fenêtre sur Cour

DSC_1373-1.jpg

Chambre avec Volet !

Fadaises

Partie dans la nuit, je n’ai pas vu le soleil se lever sur l’Oise. Au-delà de Paris et jusqu’à Lyon, une brume épaisse couvrait les champs, les bois et les vallées de l’Yonne, de la Côte d’Or, de l’Ain … je ne sais plus bien, on n’y voyait rien ! Au-delà, le soleil est réapparu, comme par enchantement, la ligne de démarcation franchie. Il y a longtemps déjà, ce tableau, de ma période oostendaise, traçait ma vie entre bleu et gris. Comme on peut voir, il n’est pas achevé, à l’image de ma vie incertaine. Qui a dit que c’était mal peint ?

GRIBLEU.jpg

Oui, vous avez raison !  C’est bien pourquoi, je viens prendre des leçons en Avignon ! J’ai posé mes pénates le long de la N7, qui ne va pas jusqu’à Sète mais jusqu’à Marseille comme chacun sait. Je bénéficie là d’un havre de tranquillité pour mieux apprécier le bleu bien bleu, les platanes encore feuillus, les sorties en décolleté et les soirées en douceur. Quelques orages sont annoncés mais loin, ô loin, sur le Ventoux ! J’ai retrouvé les murailles réparées et la rue des teinturiers totalement changée.  Pour la rénover, les ouvriers ont dévoilé la plage sous les pavés. Alors, puisqu’on est dans le Sud, loin de faire la révolution, ils ont sorti les boules. Un bistrot malin a organisé un tournoi de pétanque en nocturne. Et pour protéger les précieux platanes, on les a emballés !

teinturiers.jpg

Où on voit bien qu’ici, on devient vite fada
quand même le soleil brille la nuit !