Spécial Bon Nové !

A l’heure de tirer un trait sur l’année écoulée, on en est toujours à faire la somme des catastrophes, à calculer le nombre d’accidents, établir le bilan des ouragans, comme si nos vies se résumaient aux malheurs accumulés. Tous les médias, de plus en plus i-médias, surfent désormais sur la vague du tout au mauvais goût, qui plaît au plus grand nombre. On sait vite mais peu. On sait tout mais de moins en moins. Au pied du sapin, encore décoré — vous ne l’avez pas déjà démonté j’espère pour y mettre le nouvel écran plasma que vous allez acheter en solde la semaine prochaine ? — au pied du sapin donc, je voudrais déposer quelles bonnes nouvelles. Pour changer.

Le 24 décembre, avant de réveillonner, mon démineur de frère a eu la bonne idée de faire évacuer un quartier de 300 personnes, les privant temporairement de homard et de foie gras ! Tollé dans les chaumières, certains ont refusé de bouger, accrochés qu’ils étaient à leur sapin. Et de négocier. “Nee maar, ça ne peut pas attendre, demain ? Heu, non pas demain zeg, on a invité les van-keekenbrugge-avec-la-belle-mère. Disons Donderdag ?” L’adjudant-chef, qui n’était pas seul je vous rassure, a tenu bon. La bombe de Noël, c’était ce soir ou jamais ! Sauf qu’à tarder à évacuer, on retardait d’autant l’opération, risquant de reporter la messe bien au-delà de minuit ! Les dindes avaient tout de suite compris qu’elles allaient gagner quelques heures de rab’ (comme on dit dans le Nord), mais les dindons — les cons — voulaient absolument participer au feu d’artifice. On a dû leur dire : hier en nu, c’est buiten !

L’agence de presse, en mode soirée-de-réveillon-bouteilles-de-champagne-bien-entamées, a bien relayé l’information. Les dindons ne veulent pas sortir ; les dindons sont sortis ; la bombe est désamorcée ; les dindons peuvent rentrer ! Ouf, tout le monde peut réveillonner. N’était-ce pas là une bonne nouvelle ? On va enfin pouvoir commencer à réchauffer la dinde aux marrons ! Sauf que la bonne nouvelle n’était peut-être pas celle-là, n’en déplaise aux apprentis journalistes stagiaires qui faisaient leurs armes ce soir-là. La bonne nouvelle, c’est que mon militaire de frère et son équipe de démineurs chevronnés ont tout simplement réussi à éviter le pire. Non pas le pier-de-blankenberge, qui est aux crabes ce que la mer est aux mouettes ! Un pire que personne ne veut même oser imaginer : du premier sergent amputé à la dizaine de maisons rasées. Sang-froid, au milieu des volatiles en pagaille, rigueur, précision, efficacité. Pas un mort, pas un seul blessé. Même pas une goutte de sang, même pas la peine d’en parler ! Peut-être aurait-il fallu — ceci est juste une suggestion — souligner le remarquable travail de l’armée belge, en deux langues, au service de la population en temps de paix ? Et parler, pour se réjouir, de ces hommes du front qui font leur travail en risquant gros sans jamais faire les gros titres.

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Remarquez la précision du geste… 
Voilà un artificier qui n’est pas gauche  !

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Dans la série des bonnes-nouvelles-ça-dépend-comment-on-les-regarde-et-souvent-elles-passent-inaperçues, je vous livre aussi celle-ci. La tempête Xaver, qui a précédé la tempête Dirk, qui elle-même précède la tempête Erich, a fait autre chose que des victimes. Elle a défoncé les digues du Nord et fait reculer le sable de la côte flamande. Sur la plage d’Oostende, comme on voit bien, se dresse un nouveau mur de l’Atlantique ! Des embryons de falaises, potentielles rivales de Douvres, surgissent au plat pays ! Un peu plus loin, ces sables  — qu’on dira mouvants parce qu’ils sont en mouvement — ont mis au jour des vestiges romains. Premières traces du passage des armées de César ou anciens thermes balnéaires ? Je n’ai pas la photo et la presse reste muette à cet égard. Il serait pourtant utile qu’elle nous parle un jour du travail des archéologues au service de la mémoire des peuples en temps de paix. Et pas seulement quand il faut fermer le chantier d’Apamée pour cause de guerre, ou que le plus vieux souk du monde est réduit en cendres, ou que des abrutis ont fait sauter les bouddhas sacrés, ou quand le pont de Mostar est détruit. Démineurs et archéologues, même combat ! Il faut en parler avant, un accident est si vite arrivé.


IMAGEGLOBE_50785732.jpgComme à Oostende et comme partout …

Or, donc, l’information intéressante ici, c’est que la Vlaamse Kust est en passe de devenir la Romaanse Kust, prouvant qu’avant d’être flamand, ce sol chéri fut latin ! Voilà qui remet peut-être les pendules à l’heure avant les douze coups. Comprenez-moi bien, à la veille de ’14, ce serait ballot d’entamer une nouvelle guerre pour autant ! Autre nouvelle de taille — et bonne nouvelle pour un Anversois bien connu —  si la côte recule, les dindons seront rapidement maîtres chez eux ! Dans un avenir proche, sur des îles entourées de marais salants, ils pourront guetter les touristes francophones venus, en char à voile, admirer les vestiges des civilisations anciennes. Pourvu surtout qu’on n’y trouve pas d’autres bombes anglaises, ni des mines de la grande guerre ! On serait encore obligé de faire appel à la minar-belgian-force-d’intervention-qui-cache-bien-son-nom! 

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Donc, pour en venir au fait, Joyeuses Fêtes à tous ! Prettige Festen, Bonne Année, Felican Novan Jaron, Kali Chronia, Prost Neujahr, Feliz Navidad, MerryXmas, Joyeux Noël ou — comme on dit dans le Sud — Bon Nové ! Ca ne sonnerait pas comme une vraie bonne nouvelle, ça ? Comme si j’avais gagné au Loto, d’ailleurs c’est presque comme si j’avais gagné déjà ! Et puis, les jours rallongent, la lumière revient. Si si, je vous assure, c’est comme une illumination ! Je vous en parle l’année prochaine.  Je vous embrasse sur les deux joues, au front, au menton, au Nord, au Sud ! Bisou

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Manger moins, faites le plein de lumière bleue !

 

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Spécial enfants sages

D’accord, le décor n’incite pas trop à y croire, mais bon, il était là ! Sur les pavés humides, avec son traîneau, avec des cadeaux, avec des tentes berbères et un sapin à peine décoré, avec du rouge, avec du vert, sous un ciel bleu. Bleu comme j’aime !

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Folie de Noël en Pays de Brabance !

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Un peu plus au Nord,  j’ai vu ça aussi ! Des plaisirs d’hiver pour petits et grands qui en attendant la neige se réjouissent du grand bassin gelé qui fait patinoire au centre de Brüssel. Et la grand’roue qui tourne et des échoppes qui tournent la tête. Et la fête populaire dans les yeux. Et la chaleur dans les coeurs… 

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Vendeur de caricoles…

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… ou mangeur d’huitres sous les lampions !

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Et, parce que je vous aime bien, je vous confirme
qu’au Sud aussi les arbres sont bleus  !

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Et qu’il y a un marché de Noël, sous un ciel étoilé,
avec des santons vivants !

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JOYEUX NOËL et BELLES FÊTES A TOUS !

 

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Rite de passage

Voici une photo du Nord, qu’on dirait d’Asie, mais qui est de Brüssel, parce que – oui – on a beaucoup voyagé cette année ! Une photo d’entre Chine et Japon, comme une chanson inventée au berceau d’un bébé sans crèche. Un magasin entre Japon et Chine, comme ma grand-mère y vendait du thé et des bols de porcelaine. Une rue de passage, dans une ville entre chien et loup, au soir de l’Avent, où les amoureux se promènent. Un moment où les notes flottent, entre mode mineur et accord majeur. Une image entre ma mère et ma fille, où je suis aussi, comme si le temps recommençait, comme si l’histoire continuait. Une photo résumée de nos vies. Elle est un peu floue, il reste de l’incertain qu’on appelle espoir.

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Où on voit bien que le Japon a une mystérieuse
et indéniable influence sur la vie de cette
jeune fille, qui n’est ni Amélie,
ni fille d’ambassadeur.

Sera-t-elle un jour musicienne-écrivaine ? 


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Un peu plus loin, il y avait ça …

 

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… un cheval ailé qui nous emmène
sur un manège enchanté.
Ce serait peut-être même une licorne, qui sait ?

De nos vies rêvées nous n’avons pas fini
de faire le tour.

Héros du jour

Le vent souffle, le volet claque, c’est violent ! Parfois, on se prend des claques. Parfois, on s’essouffle. Parfois, on se demande à quoi nos vies se résument. Puis, une nuit, un souffle suffit à éteindre une bougie qui vacille. Une flamme ténue, têtue, qui a brillé longtemps, qui a éclairé des milliers de chemins, réchauffé des milliers de cheminées.

Une flamme qui laisse espérer en l’humanité. Notre espérance devient alors qu’il y en ait d’autres. Tellement d’autres qu’on ne les remarque plus ! Que la générosité et la tolérance deviennent des vertus normales, banales, évidentes. Quand on aura ouvert tous les volets de toutes les prisons qui sont dans nos têtes. Que le vent aura balayé de nos cerveaux les pensées toutes pourries d’exclusion et d’égoïsme. Quand le Mistral aura tout assaini ! Merci Madiba d’avoir ouvert la voie. Et je ne parle pas du grand-seing-nicolas qui délivra les enfants au saloir. Il y a longtemps que je ne crois plus à ses histoires…

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Image en noir et blanc du palais
avec flamme qui brille dans la nuit !