La vie en rose

C’est évident, les photos des pavés du Nord sont teintées de rose, vous aurez remarqué ! Ne me demandez pas pourquoi ! Au Nord, mon vieux gsm n’en fait qu’à sa tête. Au Sud, le nouveau vire au bleu ! Ainsi la réalité semble toujours tronquée, l’image déformée, les couleurs dépassées. Les choses ne se passent pas toujours comme on croit.

Le leurre est permanent. Comme cette jeune femme de 32 ans qui attend son premier enfant et chez qui on découvre un cancer du sein, à six mois de grossesse. Que croyez-vous qu’il arrivera ? Un gros stress, des larmes et du sang, de la détresse, de la révolte et du courage, de la tristesse, des blessures et des cicatrices, de l’angoisse. Est-ce ainsi que les femmes vivent ? Dans certains hôpitaux, il y a désormais des services spéciaux consacrés aux femmes enceintes atteintes d’un cancer. Dans quel monde vivons-nous ? Belgiëland affiche le premier taux de cancers du sein au monde ! Triste record. Dans quel pays vivons-nous ? Multiplions les examens, comme ça le taux sera meilleur encore, toutes n’en mourront pas mais toutes seront détectées !

Pendant ce temps, peut-être qu’on oublie de se poser les bonnes questions ? De la genèse et de la disparition des cellules cancéreuses. Du rôle des agents anti-cancéreux et anti-oxydants, du curcuma en passant par le merveilleux citron, sans oublier les vertus du limon. De la qualité de notre environnement, de l’air que nous respirons, de l’eau que nous buvons. Du rythme de travail imposé et toutes les pilules avalées pour dormir, pour maigrir, pour ne pas vomir, ne pas défaillir. De notre manière de manger des fruits traités, des légumes pollués, des poissons métallisés, des viandes piquées. Il n’y a pas que fumer, il y a le barbecue aussi !

Et puis, toutes les mauvaises habitudes prises de consommer frénétiquement, sans trop réfléchir. Appliquer des crèmes au paraben, s’asperger de déodorants aux sels d’aluminium, bronzer sous la lampe, utiliser son gsm sans oreillette… Tiens, à propos, celui-là je préfère encore qu’il me fasse des photos roses ! C’est un moindre mal.

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Je ne vous mets pas de ruban rose,
je vous mets une image de femme
en résistance pour tromper l’ennemi.

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Pavés du Carré

Suite du parcours sur les pavés du Nord…
à travers la cité ardente.

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Petits pavés de porphyre, lissés et nettement
plus confortables que les galets de la Durance…

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Les mêmes, en version rejointoyée,
plus récents, face à la nouvelle gare, 
 en prévision de la gare de bus qui s’annonce
et qu’il va nous falloir arpenter souvent… 

(insoutenable suspense)

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Pavés carrés, identiques à la
version bruxelloise, bien abîmés,
avec la belle excuse d’être
sur un pont, avec vue … 

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… sur Meuse grise et citadelle au loin,
(rien à voir avec le-palais-en-bord-de-Rhône)

* * *

Avec ses ponts traversants,
la ville fait davantage penser à Lyon.
Mais on n’a pas encore été comparer
les Facultés. C’était donc mardi soir,
en marchant vers l’ULg.
Les mauvaises langues vont dire qu’on prépare
un guide des universités francophones,
ce qui serait peut-être une bonne idée !
A propos, l’étudiante a réussi sa session de janvier, si j’ai omis de vous le signaler.  

Et le lendemain, en levant la tête…
le message était clair : 

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 Ciel du Nord, qu’on dit de Magritte ! 
Petite musique de Grétry
sur fond d’estampe japonaise
Clin d'œil

Pavés du Nord

Pour celles qui se demandent où je suis passée, et pour ceux qui regardent très souvent les pavés, quelques indices… Un peu de gris dans ce bleu partout, c’est fou !

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Pavés typiques d’un trottoir bruxellois.
Large trottoir, pas comme dans le Sud,
mais défoncé tout pareil  !
Criminel pour les roulettes de la valise !
 

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Pavés dits de Bierges,
spécialement conçus pour la ville nouvelle
mais qui vieillissent néanmoins.
Dangereux pour les étudiants bitus, 
ou qui traînent les pieds,
trop fatigués par le blocus.
J’y ai laissé un bout de clavicule,
dans une autre vie. 
Avantage non négligeable,
il s’agit d’un cheminement piétonnier ! 
Même pas besoin de faire attention en traversant,
on peut regarder droit devant Cool

 

A suivre…

 

Mardi, un échantillon de pavé liégeois.

Fin juin, la rue des teinturiers rénovée.

En août, sous les pavés la plage du Prado !

hé hé…

… vous avez vu ce que je vois,
au Jardin des Carmes ?

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On dirait que le printemps est arrivé
au coeur de la cité  !

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Et ce bleu au musée Calvet, qui
ne donne pas envie d’y entrer pour visiter,

alors qu’il est fort beau pourtant. 
C’est sûr, je reviendrai… le 21 mars !

Et ce midi, en terrasse,
… je vous le dis ou pas ?
20°

Indéniable preuve du réchauffement
climatique au Sud de Lyon Cool

Impressions

En quittant la plus belle ville du monde (heu non, c’est très exagéré), on longe le port de la Joliette, puis les docks, puis des zones indéterminées qui ne ressemblent à rien de connu, avec des usines et des dépôts. On emprunte des routes qui pourraient mener n’importe où. Puis, si on fait bien attention à prendre le bon embranchement, on rejoint ce qui fut un village et un port charmant, où il fait encore bon se détendre. On y trouve des vitrines alléchantes, ouvertes au vent, comme il sied à la côte. Et des plaisanciers qui sont restés à se marrer. Aussi des peintres, le dimanche et à l’année qui sont installés. Non, je n’ai pas de photos. J’ai beaucoup mieux! 

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L’Estaque et le golfe de Marseille,
par Paul Cézanne (1878)

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L’Estaque vue par Georges Braque (1906)

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Usine à l’Estaque, par Raoul Dufy (1908)

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Mais Raoul Dufy a aussi vu
la côte bleue comme ça !

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Entrée du port de l’Estaque par André Derain (1908)

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Le même André Derain peignait volontiers en
bleu
une ville grise au bord de la Tamise (1905)

   L’art est sans limite qui fait voyager ! 

Peu-cher

C’est pas loin, c’est pas cher. Il y avait trop longtemps que je voulais y aller, alors pourquoi continuer à hésiter ? La route est aisée jusqu’à l’étang-de-berre-sans-canadair-depuis-que-jef-est-parti. Ensuite, la traversée du désert est courte mais impressionnante. L’aridité est totale, à travers la montagne, sans âme, sans ombre, sans mas aucun. A la sortie d’un tunnel, un viaduc s’élance par dessus les voies ferrées vers la grande bleue, dans un enchevêtrement de ponts suspendus à l’américaine. C’est vertigineux, très laid, sans charme aucun. Mais sur quelle planète ai-je atterri ? 

L’autoroute urbaine se transforme en tunnel sous le bassin du vieux port, du port vieux, de l’ancien port. Paléo Faliro ? Phocéa, c’est cela, une ville grecque ! Je suis à Athènes, quand j’aperçois les collines, à l’horizon de la plage du Prado. Mais je suis à Lisbonne, quand je grimpe les escaliers du Panier de l’autre côté du port. Et quand j’emprunte les longues avenues, qui montent et qui descendent, comme à Frisco, je suis bien plus loin encore. Au coin d’une rue, cette inquiétude comme une pétarade est de Palerme. Et cette lumière sur les volets me fait traverser la méditerranée. On dirait Tanger, ou peut-être Alger, ou encore Lattaquié, avant d’être bombardée. Heureux qui comme Ulysse peut voyager.   

Il fait doux, le ciel est mitigé et le soleil de février indolent. Il invite à manger en terrasse. Au bar de la marine, aucun marin ne se bouscule, sauf le souvenir de marius-en-marinière-qui-sert-l’aïoli. La vie ici semble plus belle. C’est une ville portuaire, à l’évidence. J’aperçois une mouette. Que dis-je un albatros ! Il frôle le toit de la voiture et va se poser lourdement au milieu de l’avenue. Un albatros ? Ils ne vivent que dans l’hémisphère Sud ! Non, j’exagère ! C’est un goéland plus certainement. Je ne sais pas pourquoi, mais dans cette ville, il faut toujours que les sardines soient plus grosses qu’ailleurs ! D’ailleurs, celle qui bouche l’entrée du port nous empêche de faire le tour des calanques ! Il faudra revenir. J’y compte bien ! Peut-être même en train.

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Sur le port, il y a des bateaux de pêche…

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