Primavera

Dans la neuville universitaire, les étourneaux sont assis en bande sous les platanes très mal taillés. On n’est pas dans le Sud, non plus ! Mais il fait bon. C’est un printemps qui s’apprécie comme il se doit, après un hiver trop doux, avant un été dont on ne sait pas s’il sera froid. D’ici là, il faudra voter, digérer les résultats, réussir ses examens aussi. Former un nouveau gouvernement et choisir un nouveau président pour la Commission européenne. Que de changements… ça va déménager en juin 14 ! Manquerait plus qu’il y ait le Mundial !

Pour nous, comme pour les députés sortants, faire des caisses. Ensuite, comme tout le monde, faire des exercices d’équilibre ! Des compromis et des choix. Se séparer, balayer, rénover, réinventer. Va falloir trier, jeter, emballer, classer, démonter, remonter, empaqueter, déballer, s’emballer, transporter, s’emporter, se calmer. Vivement le festival off qu’on puisse respirer ! En attendant, je redescends pour profiter des derniers jours de répit, pour recharger les batteries et faire le plein de vitamines D. Indispensables, paraît-il pour bien décoller.   

photo-46.jpg

Rassemblement d’étourneaux avant session

IrisL.jpg

Etudiante souriante,
résolument tournée vers l’avenir…

Advertisements

Retour à Liège

Cherchez l’erreur 

photo-38.jpg

1° Le ciel est bleu

2° Il y a une antenne parabolique sans télévision

3° Un Mercure se balade au fronton

4° Il n’y a pas de fleurs au balcon chez Mady

5° La pipelette s’appelle France

6° L’appartement est à louer

7° On va entendre sonner les cloches !

 

Pom Pom Pom Pom

Quel beau printemps nous avons là ! Au verger commun, les fleurs des cerisiers ont fait place à de petits fruits verts qui vont rougir avant l’été. Juste à côté, le poirier s’épanouit en fines corolles blanches. Plus loin, le pommier étale ses délicates pétales rosées. Je me régale ! Je ne vous parle pas du lilas, si cher à mon coeur et que je guette chez le voisin. Le blanc est plus parfumé, plus rare, plus tardif, mais il côtoie le mauve sans ombrage. Les plantes cohabitent très bien. Contrairement aux hommes, qui crient si facilement et s’insultent dans toutes les langues, pour un bout de terre qu’on appelle frontière.

Il y a des arbres en fleur dont je ne connais pas le nom et qui sentent si bon. Ces effluves conférent à l’air une épaisseur particulière, si bien que la lumière elle-même paraît différente. Une autre réfraction s’opère. En soirée, une ondée vient noyer le soleil, et aussitôt fleurit un double arc-en-ciel, qui illumine le jardin et les maisons-en-terre-à-l’orée-du-bois. Comme j’aime ça ! Un rayon surgit du couchant et le panier de basket du lycée flamboie, telle une oeuvre d’art plantée au milieu de la cour de récré. Poteau rouge improbable en lisière des jeunes peupliers qui cachent à peine la chaussée. On devine les camions qui passent. Un chantier se prépare. On l’entend un peu, à peine. On évite de trop regarder la plaie qui s’est formée de l’autre côté. Le monde change. Au loin, des bruits de bottes. Des chars qui s’impatientent. Des diplomates qui bourdonnent. Il paraît que le printemps ’40 fut particulièrement remarquable. Celui de ’14 aussi.

photo-34P.jpg

Paix au verger …
et aux hommes de bonne volonté !

Cuisine intérieure

Certains pourraient penser que je rêve entre mes draps roses ! Mais pas du tout, voyons, mes draps sont bleus, comme il se doit, au Sud. Et chocolat, comme il s’impose, au Nord ! Parfois, j’avoue, un drap orangé vient s’interposer quand je me pose dans la maison aux pigeons. Ceux-là, je les entends très bien marcher sur le toit et tant roucouler à la journée que l’envie me prend de les tirer ! A l’arc, bien sûr. Mais je n’ai plus de flèches dans mon carquois !

En réalité, je fais très peu attention à la couleur des draps, seulement à leur fraîcheur. Et j’ai bien ri l’autre jour de retrouver, sur fesse-bouc, le profil d’un maniaque de la literie, qui changeait de draps comme de nanas ! Certains ont de ces obsessions ! Non, je fais surtout attention à l’absence de plis. Un lit tout froissé me garantit une nuit tourmentée et des douleurs assurées. Mais je ne vais pas vous raconter tout de ma vie agitée. Ni de la profondeur de mes rêves très édulcorés. Et insolites, assurément, c’est toujours ce qui me surprend. 

A ce jour, la vraie question qui me taraude et m’empêche de dormir, c’est de savoir où je vais poser mon lit à l’été. La principauté me dévoile ses charmes avec beaucoup de parcimonie, et les appartements visités ne sont pas de nature à me rassurer. Ici, la cuisine est minuscule et sans frigo. Admettons qu’il faille en acheter un. Sauf, qu’il n’y a pas de place pour le mettre, le frigo ! Ni la possibilité de mettre le beurre dans le frigo. Le proprio répond qu’il a toujours loué comme ça. Certes, on n’est pas dans le Sud. C’est donc qu’il ne fait pas assez chaud à l’été pour que le frigo s’impose ? C’est dire aussi que l’appartement n’est pas isolé à l’hiver ! Lundi, le mistral du Nord soufflait si fort, faisant grincer les châssis et s’ouvrir les portes à tout-va. Là, je me suis dit qu’ils avaient dû oublier aussi les volets ! Un doute m’habite. Ardente la cité ou juste réfrigérée ?

photo-26L.jpg

Dernier tango à Li’dje !

 

Colza

Parfois, je me réveille sans savoir où je suis ! D’ailleurs, c’est bien simple, me disent les amis, on n’arrive plus à te suivre ! Moi non plus je ne suis plus. Pour résumer cette semaine, elle était faite d’une discussion en terrasse sur la place-du-pape-pie à midi lundi, suivie d’un voyage-en-Zepplin-comme-j’aime-bien mardi. Refaire la valise pour repartir avec le train-de-Meuse-du-matin mercredi, consulter la faculté et rédiger les dossiers du jeudi, examiner des cas pendables et revenir à la nuit vendredi. Ceci est un résumé. Et puis aussi, j’ai rêvé. D’un très gentil massage de pieds !

Durant cette semaine, j’ai tout entendu. Des verts et des mous, des découvertes bien mûres, des projets mal ficelés, des diagnostics mal posés, des théra-diagnostics qui restent à inventer et des images qui restent à créer. J’ai tout mélangé. J’ai tout entendu sauf ce que je voulais entendre. Alors, je l’ai rêvé.

Dire que je n’ai même plus le temps d’écrire à ceux que j’aime pour dire que je les aime et que j’espère qu’ils vont bien. Manquerait plus que je manque un anniversaire ! Pâques déjà se profile à l’horizon. Et puis, ce matin, belle surprise. A la terrasse du Nord-Ouest, le champ est jaune! De colza, il est tout planté, c’est la première année ! La dernière aussi, puisque l’immigration vers les corons nous attend. Coron-Meuse, je veux dire, bien sûr. Enfin, ce n’est pas si sûr. J’y croirais quand j’y serais. Pour l’instant, je continue à rêver. Ca me fait beaucoup de bien.

Colza.jpg

Colzas dans les champs, jaunissent, jaunissent.

DSC_2226colza.jpg

 Colza fleurissant … annonce le printemps !

photo-25L.jpg

Marronniers du soir, en fleurs, ici ôOoo…  si !

photo-21.jpg

Mouette sur le pont !
Ou peut-être un goéland… voire autre chose !
Sûr que ce n’est pas la mer,
ni le port de Marseille. 

Les plus malins auront reconnu le fameux pont
de Fragnée qui enjambe la Meuse.
Il n’est pas cassé… mais que c’est compliqué de
circuler dans
une ville où il faut toujours passer
d’une rive à l’autre !

photo-20.jpg

D’un Zepplin à l’autre, il arrive que je m’égare !

Incident de parcours

Il arrive que le bus soit en retard ou même, souvent, qu’il n’arrive pas. Surtout le bus de la ligne 4, qui est le plus irrégulier des bus que je connaisse. J’ai enfin une explication à ces retards accumulés dans la cité ardente. Ici, il s’agit du bus 48 et comme vous pouvez remarquer, il est bien arrêté. Impossible de repartir, la porte est ouverte. Impossible de fermer la porte, elle est coincée.  Impossible même de reculer, il est paralysé ! Tout le monde doit évacué. Le chauffeur a appelé les secours. Mais, non, les pompiers n’ont pas abattu cet arbre hostile, dangereux pour les piétons comme pour les bus. Ils ont seulement poussé, fort. Dans le Sud, ils sont peut-être olé-olé mais un bus bloqué par un platane, ce n’est pas en Avignon qu’on verrait ça !

photo-18.jpg

De l’inutilité du platane dans le Nord…

Bleu demi-teinté

Ici, avec 23°, il se confirme que le printemps s’est installé, et que l’été approche. Pour preuve, la rue des teinturiers a été remise à neuf. Enfin à moitié ! Il reste encore douze semaines pour la terminer, avant le Festival, avant qu’elle soit envahie et méconnaissable. Dix semaines avant la fin des examens, avant que les jours raccourcissent ! Autant dire qu’il faut en profiter. Le temps encore de faire quelques allers-retours… 

DSC_2213.jpg

La rue après … travaux !

DSC_2215.jpg

La rue avant… enfin, plus loin dans la rue.

Ici, il arrive qu’on fasse les choses à moitié !

DSC_2221.jpg

Ici, les marronniers sont en fleurs !
Et vous savez ce qu’… atchoum… signifie…

DSC_2205.jpg

Les platanes vont reverdir !

lilas.jpg

Glycines et lilas sont là bien avant mai !

Et moi, déjà, je m’en vais…

DSC_2204.jpg

En emportant ce beau bleu de Sérignan.