A l’été ’14

Il y a des trombes d’eau qui s’abattent sur le Nord. Il y a des terroristes qui se trompent de cible. Il y a des enfants qui tombent au milieu des décombres, des quenelles qui se perdent et des souterrains qui ne mènent à rien. Il y a des chrétiens persécutés en Irak et des ultra-flamigants qui se pointent au gouvernement. Il y a des intégristes et des criminels. Signe des temps, signe que ça ne s’arrange pas avec le temps, on découpe des vaches en plein champ ! A Soignies-en-Hainaut, il y a bien une collégiale mais rien qui soigne de l’inhumanité, ni qui protège les paisibles ruminants.

Inutile de prier. La religion, affichée, supposée, imaginée ou imposée, est redevenue source de tension. Le XXIe sera religieux… et dire j‘ai tout fait pour qu’il ne le soit pas. Tout ? Peut-être pas assez. Je ne sais pas, votre honneur, je doute beaucoup. Hérétique, j’ai fait ce que j’ai pu. Femme et sorcière à mes heures, j’ai essayé d’échapper au bûcher. J’ai soigné à l’argile, utilisé des onguents, traité la maladie par le mépris, fabriqué des  remèdes à ma mode et donné des réponses à ma fille sans père. Laïque dans la cité, j’avoue. J’ai célébré des mariages et des enterrements dans des lieux non-con-sacrés. J’ai fait du tai-chi-à-l’église-du-pape-nouveau, porté le voile-berbère-au-sud-marocain, embrassé les-icônes-de-nea-smyrni, chanté n’importe-quoi-à-une-mitzva, dansé le rock-en-roll-à-fond-de-cale ! C’est grave, docteur ? J’étais libre, dans ma tête, dans mon coeur, dans mon corps. De moins en moins libre, je ne fais plus tout à fait ce qu’il me plaît ! Sauf capturer du bleu.

Fouilles archéologiques. Hier — et définitivement cette fois — s’atteler à vider la cave humide de souvenirs encombrés. Plusieurs vies, en couches superposées. Du temps où j’étais… un peu tout ça et autre chose encore ! Des associations, des combats citoyens, familiaux, sociaux, culturaux, … des mobilisations, de la mobilité, de la politique, de l’écologie, de l’urbanisme, du développement durable, du marché intérieur, de l’agriculture… Des technologies de l’information avant Internet, des pays de l’Est avant la chute du mur, de l’éco-innovation avant la décroissance annoncée. Tant et tout ! Et encore, et… Putaing, ça remue les tripes. Ca déménage, vous croyez ?

En arrivant à la gare-des-palais avec trois sacs et une valise chargée de souvenirs, déjà cassée par un chef de train fort aimable mais fort maladroit, j’en aurait pleuré. Un sdf m’a gentiment proposé son aide contre cent sous et ma fille est opportunément arrivée à la rescousse. Ensemble, nous avons remonté la-rue-hors-château trainant le fardeau.  Comme elle est longue, disait ma mère qui l’empruntait chaque jour et quatre fois par jour. Nos pas dans le siens… C’était juste avant la guerre.

Pour ne pas oublier, pour ne pas désespérer, au sud-des-alpes, il y a une très belle exposition intitulée “dalla guerra alla pace”… On y voit des colombes et des artistes réunis, qui espèrent à l’été ’14.

TRENTO-2.jpgL’art comme parade à la roquette ?

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Côté Cour

Quand on revient d’Avignon, forcément on est un peu traumatisé ! Tout devient théâtre. On voit des scènes et des décors partout ! Des arrières cours qui mettent en scène la vie quotidienne. Des lieux historiques qui se transforment en lieux de passage pour raconter des histoires. Des entrées qui font de fausses sorties. Des rideaux qui ne se ferment jamais tout à fait… Tout se joue ici. Petit coup d’éclairage.

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Côté Porte
Avec des géraniums comme en Alsace
et des hortensias comme en Bretagne…

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Côté Porche
Avec des lavandes, de la menthe, du romarin,
du persil et des tomates qui ne rougissent pas …
Remarquez le bleu de la fenêtre au premier !

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Côté Cloches
Avec une fontaine à l’italienne
et une église de style rhénan-mosan…
qui sonne n’importe comment.

Je vous épargne les chiens qui sont en vacances
et les chats qui ne sont pas encore rentrés. 

Finalement, je me demande où on a atterri ?

Quelque part en Europe en temps de paix… 

Et dire que pendant ce temps…

... s’ouvre la foire de Libramont ! Agricole, la foire, je précise pour ceux et celles qui auraient manqué un épisode. Et non saint-agricol, évêque d’Avignon, peu après l’hégire et alors que les familles juives ne pouvaient ni posséder, ni cultiver de terre en Occident. Je vous parle d’un temps qui explique bien des choses. Pour ne pas tout confondre, un rapide résumé s’impose.

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Nous avons donc quitté le festival qui bat son plein, pour remonter dans le Nord, en passant par Paris. Il y fait gris, venteux, orageux, froid et chaud, trop chaud, beaucoup trop chaud. Pollué. Ca chauffe à la synagogue, ça brûle à sarcelles, ça sirène au coin des rues. Ca s’agresse à l’abribus. C’est violent, avec des mots qui claquent comme des balles à blanc. Et ça fait mal, boulevard-de-sébastopol-siège-de-batailles-oubliées. “Quoi, vous ne savez pas pourquoi ils manifestent“, interpelle l’homme assis, jambon-beur-anonyme qui continue à jouer avec sa tablette. “Mais tous ces enfants à gaza, vous les avez vus ?”, lance-t-il à la dame un peu hippie, cheveux-rouille-et-sel, qui s’inquiète que le bus n’arrive pas à cause de la manifestation. Elle s’entête, elle veut expliquer, elle a mal au pied, elle s’appuie sur une canne. Elle reprend, posément, elle rappelle qu’il y a des casseurs, qui veulent surtout mettre des magasins à sac, casser du juif. Le ton monte, il n’a plus rien de badin. L’homme devient agressif, il aboie. Il pourrait même la mordre. Le bus 47 arrive enfin. Ce n’est pas le bon, mais on le prend quand même ! On monte avant qu’ils n’en viennent aux mains. Avant que des excités commencent à bloquer les bus. Avant qu’on puisse s’en servir pour organiser des rafles. En juillet, à Paris.  

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On a volé un p’tit coin de paradis…

Retour à Liège, le 23 à 23h, il fait 23°. Mais en été, le bus 4 est détourné pour rendre la rue piétonne à la nuit tombée ! Et la nuit peut durer longtemps pendant le ramadan, surtout quand il fait chaud. Sur la place, tard, on parle fort. Chez l’épicier paki aussi. Débonnaire, sans signe religieux distinctif, il essaie de s’intégrer en silence en vendant des chiques aux enfants. “Mais tu n’as rien compris“, lui dit alors un jeune-pied-blanc-liégeois, qui brandit la menace envahissante, omniprésente, du complot juif. Insistant, enflammé, avec un regard bleu très flou, un peu fou, il répète à l’envie ce qu’il a lu ou plus certainement entendu, en regardant un ancien comique pas drôle sur u-tub. Et ça fait peur. Soudain, tant de violence verbale et de parano assumée. A côté de chez soi, qui est désormais chez nous, nous sommes devenues des étrangères qu’on prend pour des touristes. Insulte suprême.

 

Hier midi, en plein coeur historique, vautré au fond de l’agence bancaire, un pauvre très pauvre, et sans couleur aucune, qui n’a plus rien sur son compte, ni même de compte, ni à manger mais sûrement encore à boire, agresse un couple-de-liégeois-café-noir-serré. “Retournez dans la forêt-congo“, vocifère-t-il. “Vous vouliez votre indépendance, vous l’avez, reprenez-là, arrêtez de pomper nos millions !” Quand on n’a plus rien, on n’a plus rien à perdre ! Sauf sa dignité d’être humain.

A Libramont, qui n’est pas un zoo, il y a des animaux. Alors, je me souviens que voir des vaches reste la seule chose qui m’apaise encore ! Vraiment, profondément. Qu’elles soient brunes, noires ou blondes, de Jersey, de Montbéliard, du Limousin, de Salers, d’Aubrac, d’Holstein, de Savoie, de Montagne, de Normandie, d’Evolène, d’Ecosse, d’Aberdeen, de Lettonie, de Camargue, Guelmoise, de l’Atlas, Zébu, avec ou sans bosse, Bengali, Brahmane, Wagyu, je ne sais plus ! Seul m’importe leur regard. Une vache paisible, c’est sacré.

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Haro sur le premier qui crie mort aux vaches ! 

Balle au centre …

Perdue dans la foule, agoraphobe que je ne suis pas mais que je pourrais facilement devenir, je m’égare dans les rues de la ville que j’aime et que je ne reconnais pas. Tous ces visages qui paraissent familiers, qui me sont inconnus. Pour sortir du lot, accrocher le regard, accrocher des affiches. Une, puis dix, cent et mille. Mille et une affiches qui me scrutent, qui m’invitent, qui m’appellent, sirènes obsédantes et muettes. Et moi, et moi ? Regarde-moi ! Comment faire pour se distinguer ? Un titre racoleur : sexe, arnaque et tartiflette ? Un thème connu, une reprise, une méprise, un chanteur disparu. Monologue obsédant, répétitif, tout autour du nombril. Festival ego-centré. Où résonne encore l’écho de tes pas, l’écho de ta voix. Luchini et moi. Et moi, et moi…  C’est la fin. Déjà ?

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Barbara … jouée par une jeune comédienne
 dont on ignore encore le nom !

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Et puis, à l’abri, mon coin de bleu à moi…

Vue du ponton…

Allongé sur le ponton, en bord de mer ou prêt à ne rien faire, vous vous demandez certainement, c’est quoi ce festival, qui est tantôt « in », tantôt « off » ? Question existentielle, à l’heure où les enfants jouent sur la gaza-plage. Alors, c’est très simple, d’un côté, il y a les bons, de l’autre, les méchants ! Vous me direz, rien n’est jamais si simple. De fait, le « In », c’est 15 millions de subventions pour 40 spectacles et 120 mille spectateurs. Alors que le « Off » bénéficie d’une seule aide de 2 mille 800 cents euros pour 1300 spectacles qui rassemblent 1,2 million de voyeurs.  Cherchez l’erreur ! Je vous mets les chiffres à la louche mais ils bougent peu d’une année à l’autre. C’est toujours le même potage qui est servi.

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Savoir se faufiler…

A chaque fois, l’Etat, la Région et même l’Europe, crachent au bassinet pour présenter dans la grande-cour-d’honneur-du-palais-des-papes, voire à l’opéra ou au cloître des carmes, des pièces aussi excitantes que le-prince-d’hombourg-de-heinrich-von-kleist, o kyklismos tou tetragonou ou encore intérieur-de-maeterlinck-en-japonais-mais-surtitré. Généralement, ça commence tard, ça dure longtemps, c’est passionnant et parfois même chiant mais c’est toujours plus cher (de 14 à 38 euros). On est « In » ou on ne l’est pas ! Je ne peux pas vous dire, je n’ai pas été invitée ! Même trouver un programme relève de l’exploit. Vous dire si c’est confidentiel, réservé aux initiés. Vous aurez compris pourquoi on l’appelle comme ça. 

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Un in-termittent a oublié son sac au in

De l’autre côté du mur, c’est un peu n’importe quoi. Et n’importe où derrière les murailles. Chaque trou à rat devient, le temps de monter trois planches, un lieu de spectacle. Chacun s’en donne à cœur joie. C’est populaire, bon enfant, parfois pédant, artisanal, souvent bancal. Ca commence tôt, ça ne dure jamais plus d’une heure et quart, ça s’enchaîne sans queue ni tête, ça enchante les grands, ça distrait les petits. C’est parfois séduisant, souvent juste distrayant. Je vous le dis en « off » mais on se passe l’info sur les bons spectacles dans la queue. Il y a plus d’une centaine de lieux, des spectacles à toute heure de la journée et tous les jours, c’est peu cher — de 7 à 19 euros— et très fréquenté. Vous allez adorer. Enfin, on peut aussi s’en lasser…  Bien sûr, il y a des troupes chinoises (c’est très tendance), des Coréens, les Malaisiens (heu non au fait, je ne crois pas qu’ils soient arrivés), des comiques belges (qui ont la cote, avec et sans accent), des chanteurs bretons, des conteurs érotiques, des danseurs exotiques, des apprentis comédiens, des comédiens charpentés,… Beaucoup de monologues, de l’impro, de la démo, et finalement assez peu de théâtre, c’est paradoxal ! Mais vous ne le répéterez pas, vous savez désormais pourquoi on l’appelle comme ça.   

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Patience, humour et éventail !

Non, ce qui est vraiment amusant, ce sont les heures avant le spectacle. Quand les artistes à la parade vous font l’article. Certains sont des bonimenteurs très doués. Et les heures après, quand on croise les mêmes artistes démaquillés. La discussion s’engage facilement, c’est très superficiel, un peu artificiel, très peu conventionnel. C’est du off, après tout. L’autre soir, un chanteur-auteur-compositeur-guitariste, sorti de la salle, a ressorti son instrument pour deux chansons au coin d’une rue. Rien que pour nous, parce qu’il était à Avignon. C’était drôlement plus émouvant que tous les concerts auxquels je n’aurais pas dû assister ! [A suivre]

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Un certain François Hollande, penseur corrézien et piètre comédien, aurait dit : “la crise ne rend pas la culture moins nécessaire, elle la rend plus indispensable”. Heu …

Je l’aurais dit plus simplement : c’est du vital ! Ou, pour paraphraser une certaine Laurette, du théâtre du même nom (on y joue notamment le magicien d’oz, les fables de la fontaine, ma femme me trompe et son amant aussi, recherche pigeon désespérément et le portait de dorian gray, pour vous faire une idée comme c’est varié), je dirais même plus : la culture, c’est dans notre ADN ! 

Sous le pont …

Emportée par la foule, vous connaissez la chanson, c’est sous le pont que je suis repartie. Au passage, chacun aura noté que c’est, bien sûr, « sous le pont d’Avignon qu’on y danse » ! Et qu’on y dansait. En particulier près du camping de l’île de la Barthelasse, où je logeai un jour — ou était-ce une nuit — et où désormais on extrait des carottes. De terre. Des carottes de terre, je veux dire, pour retrouver les traces du pont ancien, celui qui était là avant d’être progressivement, puis définitivement coupé, réduit à portion congrue. Difficile à imaginer mais, construit au onzième, puis reconstruit au douzième, il faisait 900 mètres, ce pont trop long et très cong’, avec un coude qui bout à 100° et 22 arches qui n’ont pas résisté à la pression du fleuve déchainé à la fonte des glaces. Réchauffement climatique avant l’heure après courte période glaciaire. Tant de sédiments qui ont formé des îles désormais reliées entre elles, tandis que des barrages en amont sont venus calmer la tourmente des eaux. Je vous parle d’un temps d’il y a longtemps… quand je faisais ma savante.

Aujourd’hui, l’ambition des édiles de la ville, du département, de la région, de la nation, est de recréer une projection du pont en 3D ! D’où le carottage sauvage… Les visiteurs seront ravis, affirment en chœur les promoteurs. Les congs’ ! Les électeurs, les promeneurs, les pédaleurs, les rêveurs, ce qu’ils espèrent surtout, c’est un vrai pont ! Un pont qui les mène sur l’autre rive. Tout simplement. Pour aller se balader, se rafraîchir et danser à la Barthelasse ou à Villeneuve. En 1806, l’ingénieur Duvivier, un malin, le premier, a imaginé de construire un pont plus loin. Depuis, il y en a deux qui rivalisent en charroi automobile. Il y a même un très beau pont TGV qu’il m’arrive d’emprunter.  Mais aucun, non vraiment, qui offre un passage piéton digne de ce nom !

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Sous le pont, tant d’eau a coulé…

Alors, je sais, ce n’est pas du tout ce que vous voulez ! Vous voulez du bleu et des échos du festival. Mais je suis désolée, en haut de l’affiche, aucun Aznavour cette année! En stock, j’ai trois Barbara, deux Brassens, un Brel, un Bashung, un Nougaro, deux Reggiani, deux Gainsbarre et un Jean Noublie très inspiré. Il est très cabaret et cabotin, ce festival ! Plein d’imprévus aussi. On est jamais à l’abri d’une découverte ou d’une mauvaise surprise. Il y a du monologue, du musical, de la troupe, du drôle et du pas comique. On pénètre dans des lieux bizarres. Des arrières cours, qui n’ont rien à voir avec la cour d’honneur. Des salles de cinéma rénovées qui n’ont jamais vu passer un film. Des chapelles désaffectées de leurs pénitents ou en pleine reconversion. Dans cette ville très spirituelle, trois spectacles dans trois chapelles depuis huit jours, ça commence à chiffrer, j’aurais dû me méfier ! Quand le lieu n’est pas à l’abandon, on a droit à un sermon ! Et même si le prêtre est une femme et qu’elle repasse, ce n’est pas la bonne du curé non plus.  [A suivre ]

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En vlà de l’affiche, en vlà !

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Côté cour, certains savent déjà
qu’ils n’iront pas très loin…

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Côté jardin, ou en terrasse,
certains se veulent au-dessus des autres…

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… ou alors carrément en haut de l’affiche.
Comme Dany Mauro, qu’on a vu bien sûr !
On n’allait pas se priver de rire…

Des textes intelligents, une voix et du talent.

De plus, quand on le croise en rue,
il me reconnaît, lui Cool

Sur le Pont…

Alors, il y a des cigales. qui chantent à la journée et tout l’été, parce qu’il fait 36° ! Mais pas la nuit, parce que la température redescend en-dessous de 24°. On les appelle les cigales intermittentes. Alors, il y a des comédiens, qui jouent à la soirée et même à la journée, et tout l’été parce qu’on est en juillet ! Mais pas le matin, ni à midi, parce qu’ils distribuent des tracts, qu’ils font la parade et qu’ils paradent en terrasse. On les croise très facilement à des endroits différents. C’est pourquoi aussi on les appelle les intermittents. Parfois, ils s’arrêtent de travailler. Alors, il y a la ministre de la culture, qui est descendue en Avignon, pour écouter les cigales, et aussi les artistes. Elle a été interpellée. Et donc, il y a aussi des cars de police, au pied des remparts, au cas où ça tournerait au vinaigre. Vous me direz, c’est pas comme ça qu’on attrape les moustiques … qui sont drôlement voraces cette année ! Maintenant que tout le monde est là, on peut commencer. Baissez la herse, montez le pont levis ! Les voilà tous prisonniers du festival. A commencer par les festivaliers, badauds curieux, attirés par le chant des cigales et la lumière des projecteurs. 1300 spectacles à voir et dire qu’ils n’avaient pas prévu à boire. Ni même une telle chaleur ! 

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Vive la France !
Carré rouge en solidarité avec les intermittents

Et moi, pendant ce temps, je m’octroie un moment de liberté à la fraîche, pour jouer les touristes et faire ce que je n’ai jamais fait en deux ans, franchir le pont ! Je vais pouvoir m’échapper de cette foule bigarrée, bruyante, dilettante et délirante. La herse est levée, le pont-de-bois abaissé. Je peux m’avancer. Seule, je suis absolument seule. Aucun lève-tôt, aucun couche-tard. Nul poursuivant. Aucun Japonais aux aguets, pas le moindre Chinois à l’horizon, aucun Teuton au portillon, ni même un Brésilien en pleurs. J’ai l’impression de remonter l’autoroute de Wallandrie, un soir de mundial quand les diables sont au ballon. Le pont est à moi ! La belle récompense que voilà ! Je vais enfin pouvoir m’évader. A gauche le Rhône, à droite le Rhône, et devant moi… le Rhône ! Je m’avance, je m’élance, mais … mais il est cassé ce pont, le cong’ !!! Je retourne sur mes pas. Trop tard ! Ils et elles arrivent déjà, déguisés de chapeaux et armés de smartphone. Il ne me reste plus qu’à plonger dans le festival…  (A suivre)

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Le pont est à moi, j’y crois pas !

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C’est le moment de respirer un grand coup ! 

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Rendez-vous avec la lune sous la chapelle…

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Mon beau miroir aux illusions !

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Horde non identifiée lancée à mes trousses… 

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 Franchement, je le préfère comme ça ! Cool