Vous allez rire …

Oui, je suis rentrée dans le Nord. Non, la Meuse n’a pas débordé. Oui, il y a 99% d’humidité dans l’air, ce qui fait bien mal partout. Non, il n’y a eu aucun attentat pâtissier sur la personne du roi. Oui, nous avons hérité d’un gouvernement vert-de-gris-caca-d’oie-puant-qu’on-n’aurait-jamais-cru-que-c’était-encore-possible. Non, je n’ai pas avalé une bouteille de vodka pour oublier les maux de ce pays qui n’est plus le mien et tous les miens. Mais vous allez rire… Je vous mets la photo. Oui, vous avez bien vu, c’est la même qu’au début du mois ! Entretemps, je vous rassure, il a fait sec trois semaines au moins. On ne va pas se plaindre.

photo133.jpgIl y a pire. Le clocher s’est remis à sonner ! Et, comme je le redoutais, il sonne deux fois plus. Non seulement il sonne l’heure, mais juste avant il carillonne sur tous les tons, des airs connus et inconnus, généralement désaccordés, ce qui fait bondir l’apprentie musicologue. Et, comme si le goutte-à-goutte dans la salle d’eau ne suffisait pas à nous empêcher de dormir, il carillonne jusqu’à 22 heures, le bougre !

Vous dire si je suis contente d’être remontée pour travailler en Wallandrie ! Je ne sais pas si c’est vraiment le bon moment d’ailleurs, ils annoncent des grèves partout. Il faut dire aussi que ce gouvernement de nostalgiques-de-la-slag-qui-sentent-le-moisi-qui-fait-peur a réussi le tour de force de s’attaquer aussi bien  aux futurs pensionnés qu’aux immigrés. Il s’en prend aux handicapés comme aux chômeurs, il menace autant la survie des postiers que celles des chemins de fer, il détruit les institutions publiques comme les institutions culturelles. Seuls les banquiers en réchappent. Et ça déjà, ça devrait nous mettre la puce à l’oreille.

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Maitre

Alors, il y a des fleurs et des oiseaux, une foule sentimentale comme une vague, des femmes très belles, des hommes très laids, des dessins très purs, des salles très sombres, des estampes qui s’estompent dans le noir, de vieux mangas en pagaille, une jeune fille qui se réjouit de décrypter l’écriture japonaise, un artiste qui change six fois de nom, utilise 83 signatures et dit qu’il ne peindra jamais si bien qu’à cent-et-dix ans, âge qu’il n’atteindra jamais ! La perfection n’existe pas… mais la tentation du beau persiste.

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Place des grands hommes…

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… un très grand maître du bleu !

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Hokusai était son nom le plus connu,

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…le dessin, son unique passion !
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Iris… mais pas de photos !!!

Alors, sans aller jusqu’à Paris cet hiver, prendre la peine d’acheter un ouvrage qui reproduit ses plus belles oeuvres. Elles sont si fines et si fragiles, si petites aussi, que pour les admirer il faut prendre le temps… et la loupe ! S’amuser à observer l’influence que cet artiste incroyable (1760-1849) a exercé sur les plus grands en Occident. Se demander si, pour vivre plusieurs vies et plus longtemps, il ne faudrait pas changer plus souvent de nom ? 

Maison

En pays d’Avignon, il y a des villages perchés au milieu des vignes que le vent d’automne rafraîchit. Entre les dentelles-et-vaison, je me sens toujours comme à la maison ! J’y suis venue tant de fois que j’y reviens. Et qu’à chaque fois, je fais le voeu d’y revenir. C’est comme un pari et comme Paris, que je ne quitte jamais sans me demander quand j’y reviendrai. Ni sans mesurer la chance que j’ai d’y être. Ca tombe bien, j’y retourne demain !

DSC_2921.jpgSéguret-Appellation-Côtes-du-Rhône

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Quand Mistral balaye au-dessus du Ventoux,
Miréio s’invite sur la photo !

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Montagne-Sainte-Cécile-dans-les-Alpilles
avec
la garrigue parfumée,
les chênes verts et les champs d’oliviers,
mais aucune cigale en cette saison !

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Et quand Miréio s’invite à Arles,
elle s’appelle l’Arlésienne,
signe que, peut-être,
elle reviendra sans qu’on la voit. 

Le bleu a la cote

Voilà, Mistral a fait le travail ! Grand bleu, glacial ! On a perdu 10 degrés. L’automne arrive brusquement et par bourrasques. Pourtant, même si je frissonne, sous le soleil, j’aime bien comme il chasse les nuages. Il assèche le sol et assainit l’air. Il est vivifiant, j’en ai fait un allié, un parent. Aucun paravent n’y résiste. Il faut l’adopter, s’adapter, plier ou se laisser porter, vers le Sud, jusqu’à la grande bleue ! Tiens, je vous mets la photo. Non, ce n’est pas la Côte d’Azur, c’est la Côte Bleue ! Et c’est très différent, on voit bien que le bleu est plus bleu ! Regardez mieux ! D’accord, j’avoue, ce jour-là, il faisait encore 25°… dans l’eau Cool

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Sur la plage abandonnée,
coquillage et crustacés…

Train de nuit

Ca y est ! Il est là ! Il est revenu. Celui qui vous réveille la nuit. Celui vous empêche de dormir. Celui qui vous tient en haleine. Celui qui vous bouscule et vous ascagasse. Celui qui fait claquer les volets, grincer les portes et craquer les planchers. Celui qui fait le bruit d’un train lancé à grande vitesse. Tiens non, là, c’est vraiment le train ! La nuit, je mens à travers la plaine. 

Aussi fort qu’au printemps 2013, promet la météo. Ca tombe bien, j’étais là à cette époque-là ! Je vais pouvoir comparer. En même temps, tous les épisodes de Mistral se ressemblent un peu,  qu’ils durent 3, 6 ou 9 jours. Tiens, encore un train ! A croire qu’on les entend plus fort quand le vent souffle du Nord. Mais, cette fois, c’est qu’il souffle vraiment fort ! Si fort qu’on entend les arbres qui ploient et qui bruissent de leurs dernières feuilles. Elles vont rejoindre le caniveau. Demain, elles seront toutes tombées. Il faudra les ramasser à la souffleuse, qui va me réveiller au petit matin, déjà que je n’aurais pas dormi de la nuit ! C’est ainsi que vient l’automne, à grand bruit.

Voilà qu’au Nord, on va manger des champignons, les premières endives, un pâté de lièvre, un faisan aux choux, avant la dinde et ses marrons. Ainsi vont les saisons ! Mistral s’en moque bien, qui vient et va, au gré de ses humeurs. Il va chasser les derniers moustiques, ceux qui croupissent dans l’eau stagnante de la réserve de pluie. Il va chasser les brumes du matin, celles qui font stagner la pollution dans les rues trop étroites. Tiens, encore un autre train ! Décidément, la ligne est très fréquentée par ici ! Je ne pensais pas habiter si près d’une gare de triage, qu’on appelle trillade, c’est sûrement pour ça. 

Ou alors, c’est qu’ils remontent tous vers le front  de l’Est ?  J’ai lu un article très inquiétant sur la situation ukraino-russe. Il y a un drapeau jaune et bleu face à un drapeau rouge, qui s’affrontent. Ca me rappelle vaguement quelque chose, mais quoi? L’aiguillage de ma mémoire est un peu rouillé et il grince fort ce soir ! Encore un train ? Le cinquième en vingt minutes, sans mentir ! Le vent reprend son chant déroutant. Personnage familier, récurrent. Faut-il dire rassurant ?

La Joliette

Je ne sais pas pourquoi, serait-ce la chanson de Bernard Lavilliers, cet endroit-là m’a toujours fait rêver de partir loin… rien qu’à l’évocation du nom ! A m’y retrouver avoir envie de m’évader. Mais c’était si beau que je suis restée à quai ! 

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Maria Bonita
Dans son fourreau noir
La légende de la Joliette
Pouvait vous lancer d´une voix cassée
Un sort au delà des tempêtes

Parfois son sourire
Chargé de désir
Laissait un marin
Sur la plage

Marseille savait
Que ceux qui restaient
Un jour prochain
Feraient naufrage

Mais c´est des histoires
Que raconte aux escales
Un marin en cavale
Qui a changé de nom

Mais c´est des chansons
De cordage et de toile
Mystérieuses et fatales
Rescapées des typhons

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Ravalées, les façades des docks…

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Bassin d’entraînement !

Un peu plus loin, il y avait ça aussi, mais ça, c’est une autre histoire… une histoire de civilisations, de Méditerranée, d’Europe qui n’a jamais fini de se chercher. Quel est le point commun entre un livre de la thora, une guillotine, un pan du mur de Berlin, une vieille charrue de l’Oise, une belle charrette de Sicile, la curie romaine en 3D, une icône grecque et un pingouin empaillé ? C’est le Mucem et c’est drôlement n’importe quoi. Mais le décor est planté.

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Et c’est joli, aussi ! Cool

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Où on voit bien qu’aucune sardine ne bloque l’entrée du port !

Enfin, comme j’aime bien les mystères de la photographie, les églises sans cloche, les cathédrales façon chantilly, les basiliques faites pour tromper l’ennemi, je vous mets aussi celles-ci ! Même jour, même heure, même endroit ! Alors, elle n’est pas belle la vie ?

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Bons baisers du Kremlin !

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From Massilia, with love !

Vent mauvais

Il est vrai, quand je me tais, certains ne savent plus si je suis au Nord ou au Sud ! D’aucuns s’imaginent que je suis en plein milieu du gué, ce qui n’est pas loin de la vérité ! Mais d’autres se doutent bien que je suis sur le pont ! Je n’ai pas vu passer la semaine, trop occupée à traiter des dossiers délicats que le temps n’attend pas et que la distance n’estompe pas. Avantages et inconvénients de ce monde virtuel, on n’est plus jamais à l’abri d’un clic de souris, d’un appel dans la nuit, d’une facture à régler, d’un compte à solder, d’une affaire à trancher, une inscription à finaliser… Vous croyez que je m’amuse ?

Il est vrai aussi, depuis dix jours, il y a ce vent d’autan qui ne me dit rien qui vaille et qui emporte les toiles. Bourrasque qui renverse les chevalets, trouble-fête qui écorne les cadres, zéphyr qui oblige l’artiste à plier bagage. Non, ce n’est pas Mistral qui ferait ça. Lui au moins, il sait se tenir. Il rafraîchit, il prévient, il est sain… Sans lui, non seulement, il fait chaud, mais en plus, il fait salement moite ! Dans le Nord, il paraît que c’est pire, il y a des odeurs nauséabondes, des relents de vert-de-gris-tout-moisis, des égouts qui sortent du puits. Vivement que le vent tourne !    

Il est vrai cependant, l’autre soir, où était-ce une nuit, j’étais là. Au balcon de l’opéra, la lune pleine sur la place de l’horloge, pleine de monde encore, à cette heure. Et j’avoue que je me suis bien amusée. Ils étaient cinq, et par un prompt renfort, multipliés par trois ! Magiciens, musiciens, viens voir les comédiens ! Cette agence de voyages imaginaires regorge de talents. Mise en scène virevoltante, décor ingénieux, ces cinq-là s’amusaient du texte de Corneille, sans jamais nous faire bailler. Mieux encore, à la sortie, ils ont repris leur instruments, bandonéon et tromblon, pour nous jouer l’aubade sur le perron. O joie, ô vieillesse ennemie, que n’ai-je tant vécu que pour connaître cette allégresse ? 

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Avant-goût du marché de Noël !
Ici, il fait toujours 27° à l’ombre… 
et ce soir-là, il faisait 23° à 23 heures !  

Remarque au passage, pour ceux qui en doutent encore, je suis présentement au Sud et je rappelle qu’Avignon est une ville qui a fait barrage au f-haine. La maire est socialiste et la majorité rose-rouge-vert, il ne faut pas toujours croire ce que disent les médias ! Et ici, j’avoue, je me sens bien mieux qu’au port d’Anvers. Y’a pas photo !