Tant qu’il y aura des platanes…

Que serait Avignon sans platanes ? Depuis le temps, plus de deux ans, que je vous parle de son festival, de ses ruelles et du Mistral, vous savez que les arbres occupent dans la ville post-papale une place à part. Parce qu’ils soulignent au mieux le bleu du ciel ! Parce que l’ombre du feuillage nous protège en été ! Parce que l’ombre des branches se projette sur les façades en hiver ! Parce qu’ils abritent les cigales qui chantent par 25° et se taisent en dessous ! Parce qu’ils nous font éternuer quand on est allergique. Parce qu’on se prend les pieds dans les racines qui ont dépavé les trottoirs, surtout quand on a le nez en l’air pour prendre des photos !

Alors, imaginez mon désarroi, quand j’ai vu ça, avant de remonter à la mi-avril. C’est tout près de ce qui fut chez moi, pas loin de ce rez qui fut chez nous. Déjà, que l’artisan boulanger bio a rendu les clés, que la bâtisse annexe au musée a été éventrée, que cet environnement familier qui était notre quartier redevient étranger. Voilà maintenant que la Poste est déshabillée. Attention, les yeux ! 

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Cours Kennedy abattu

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Chantier sur la Ré

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Dernière minute

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Zone sinistrée

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Spéciale dédicace à mon frère, 
élagueur à ses heures…

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… et la triste explication !

40 platanes abattus. Mais je vous rassure, la ville n’est pas défigurée ! Il y a tant d’endroits charmants qui restent préservés, où s’ombrager et se poser à regarder le bleu sans fin. Juste qu’on aurait dû s’en inquiéter avant de cette foutue maladie contagieuse qui ronge nos platanes… Peut-être même qu’ils vont replanter des bicaioulos !   

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Visite guidée

Il est tonze heures au clocher, et on voit bien que le printemps vient d’arriver ! Si le drapeau flotte, c’est parce que la collégiale a mille ans et mis le temps de se faire belle. Consacrée en 1015 par Baldéric II, que je n’ai pas eu l’heur de connaître, successeur de Notger, fondateur de Lîdje comme chacun sait ou devrait savoir ! De style ottonin, vous dirait l’étudiante en histoire de l’art, elle est  connue comme chef d’oeuvre de l’art roman mosan. Transformée en magasin militaire, en 1797, un siècle avant la naissance de mère-grand, elle n’a pas subi le même sort de sa consoeur. Devenue  gothique, la saintlambert fut entièrement détruite et démontée pierre par pierre. Il ne faisait pas bon parler religion sous la révolution ! Réhabilitée en simple église de paroisse mais de moins en moins fréquentée, presque abandonnée à l’aube du petit vingtième, la sainbart a heureusement retrouvé ses couleurs d’antan, celles qui la rendent plutôt moins moche que les autres !

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Admirez ce bleu  !

A l’intérieur, on y trouve les fameux fonds baptismaux, que le monde entier nous envie, paraît-il. C’est une des sept merveilles van-belgïe-belgique mais je ne connais pas les autres ! Et juste en face, si le coeur vous en dit, d’autres merveilles vous attendent, au musée du Grand Curtius, qui n’est pas seulement le nom d’une bière servie dans de très beaux verres, qui ne sont pas du val-saint-lambert. Les vrais verres verts sont à l’intérieur. Les expositions s’y succèdent, les visiteurs aussi, ce qui rend la place très animée en été. Vous êtes conviés à venir vérifier. 

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A gauche, la salle de ventes,
Pierre Bergé,
trop vite fermée…

A l’intérieur du musée, on trouve un peu de tout mais toujours bien classé. Des cailloux, des flèches, des armes, des tapisseries, des peintures, des vases, des meubles anciens qu’on aime bien ou moins bien, des chaises et des chasses. Reconstitué, le cabinet d’Eugène Ysaye, père-grand de qui vous voulez et créateur du concours de violon qui ne porte plus son nom. C’est émouvant de dormir en face de sa fenêtre, bien qu’il n’ait jamais vécu là bien sûr et qu’il soit mort amputé, suite à une gangrène mal soignée. Mais on ne va pas en faire toute une histoire, pointbarre. Plus loin, on trouve un peu de rien, qui n’a rien à voir et qui, par terre, se retrouve comme la misère, à Massala, ici et là, et comme partout.

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Sur les pavés, les cliquottes… 

Sur la place, à la place de la prison démolie sans révolution, on croise des gens gentils et des méchants repentis, des enfants qui jouent aux gendarmes et aux voleurs, des ballons qui roulent et des pierres qui n’amassent pas mousse. L’espace est suffisamment vaste pour y loger un cirque, sa ménagerie et quelques zèbres qui n’iront pas se promener. En haut, on aperçoit les coteaux de la citadelle sur laquelle on va, un jour ou pas, replanter la vigne et le début de la rue Vivegnis, dont les habitants s’appellent Vignerons. Mais on n’est pas obligé d’aimer la piquette pour venir jusqu’ici, ni même pour vivre ici, musarder et s’amuser en bord de Meuse.    

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Ca s’est passé près de chez nous ! 

Ils sont fous ces Gaulois…

« Nous circulons actuellement avec un retard de 35 minutes, le train précédent ayant percuté un sanglier…» En gare-de-marne-la-vallée-mickeyland nous voilà donc bloqués par une nouvelle attraction, le lancer de cochon vivant ! Mais que font-ils à se balader sur une voie tgv bordée de barrières infranchissables ? En principe,  normalement, infranchissables pour éviter toute intrusion de groin, de porc, de pas casher, de pas hallal ou de pas très frais, ni même bio, qui viendrait perturber le passage du train à très grande vitesse. Décidément, la Gaule réunit toujours autant d’irréductibles villageois qui mangent n’importe quoi, surtout des cochonneries !

Voilà donc que c’est en remontant que le trajet s’éternise sous un soleil de printemps bienveillant. Hier, à la même heure, j’étais au jardin, à cueillir du lilas. Le premier que voilà, c’est tout moi. Et Madeleine, elle aime tant ça ! A deviser avec la voisine qui détient la clé du paradis, à 93 ans, vous pensez si elle y tient à son jardin. L’air est infiniment doux. A coté de l’abri, à compter les bébés abricots qui viendront à l’été, les tulipes s’étiolent, alanguies de sang et d’or. Les iris bleues sont déjà parties, les jaunes reviendront. Le chat roux est allé se cacher. Plus loin sur la route du treize, et jusqu’à saintremy, les vergers sont en fleurs, tout de blanc vêtus, de pommes ou de pêches, je ne sais. Les arbres de judée sont d’un rose pétillant à rendre jaloux les tamaris. Que ce vert est tendre et que la soirée est suave. Dans la cuisine, la fenêtre ouverte, à déguster des fraises sans pesticide. Des gariguettes-du-coing, ou mieux des clery-de-par-ici, ou encore des ciflorettes-de-l’isle-sur-sorgue. Le véritable luxe, c’est de pouvoir comparer la qualité des fraises locales à la mi-avril ! Sur la table, le lilas embaume. J’en ai pris une branche pour remonter. Pas sûr qu’il résiste.  Surtout si j’arrive à minuit, rapport au retard qui s’accumule !

En vérité, je ne suis pas très pressée de rentrer, même si cet enfant braillant, sans doute incommodé, devient vite incommodant. J’ai la parade, bien sûr, la botte secrète, la musique magique qui sort du zepplin. C’est le temps des vacances, le train prend son temps. J’ai raté la correspondance au Zuid-Midi, d’autant qu’il n’y a toujours pas d’ascenseur pour accéder au quai 12-11. Avec ma valise jaune et mon sac noir, attraper le train qui vient de la mer qu’on appelle vlaamsekust. Bondé, il est. Il sent la marée et le varech, la sueur et les pieds. Il sent encore autre chose d’indéfinissable, qui n’est pas du lilas ! Il fait chaud, étouffant au point de se sentir mal. C’est à ce moment-là que le train ralentit puis s’arrête. “Nous avançons au pas jusqu’à Leuven, en raison de la présence de personnes sur les voies“, nous dit la voix, en twee-taaling-bilingue. Non mais, qui peut me dire ce qu’ils font là, ces Ménapiens ? A part chasser le sanglier…

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D’après l’odeur… il est neuf heures !

Promesse d’avril…

A pied, à cheval ou en voiture… en train, en bus et en bateau, voire en métro ! Voilà une ville mystérieuse, et même une île du même nom ! 

DSCF5953.JPGDu bleu… 

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… et des ombres !

Une ville de surprises et d’incidents, sans incidence à ce jour, mais qui pourrait en avoir sur ma vie un jour. Une ville qui se découvre au détour de rues bariolées, de voies barrées et de travaux annoncés. Sous le pont en réfection, des individus, comme des insectes, à ramper sur le sol au milieu des déchets éparpillés… A y regarder de plus près, comme dans un Lego©, ce sont des habits à la vente et des habitants à l’abri du vent ! La misère me semble aussi dure au soleil que partout. Le quartier porte bien son nom de crottes, et sans photo, vous pouvez me croire. Plus loin, près du port et du quartier des affaires, en face du centre commercial haut de gamme, il y en a aussi, assis par terre, par paquets, posés au sol, comme il se doit désormais… 

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Circuit court…

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La vie en kayak !

Plus loin sur le port-vieux, la vie est plus belle, dit-on. Elle paraît plus douce, mais paraît seulement, le temps de faire une photo quand on vient de loin. Le métro ne suffit pas à arriver jusque là, il faut prendre le bus. Et dans le bus, c’est tôdi la même chose qu’à Lîdje, et comme partout. Ca babille fort, ça s’exclame, ça grince, ça rit fort et gras. C’est  bon-enfant-bonne-mère ! L’accent est moins noir et beaucoup plus voilé. C’est presque pareil, sauf le soleil…  Sur la Canebière, passent le tram, les femmes et quelques bières, il est 5 heures, un samedi sur la Terre et Marseille se réveille.

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Des photos en veux-tu en voilà ! J’en ai pris trop et me voilà bien embarrassée à faire le tri, à vouloir partager le bon grain de l’ivraie. Peut-être aussi que j’étais ivre d’être ici et là ? Et qu’une ville ne se partage pas, elle se vit. Elle triche, elle se cache, se découvre, tour à tour. A propos de tour, en voilà une qui m’inspire, si vous saviez… Mais vous le saurez bientôt ! Dès que je serais sortie de ma spirale d’internaute qui ressemble, parait-il, à une dépression ! Passagère, je vous rassure, il fait très beau ! Sur le fil, on peut aussi échanger et se réjouir du bonheur des autres. Alors, sans vouloir vous affliger, il faut bien avouer que ce jour-là était vraiment bien ! Je vous livre encore quelques images glanées au ciel d’avril et d’un printemps qui promet…  en espérant se revoir très vite pour en parler vraiment, avec la voix, avé l’asseng…  

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La vie en trompe-l’oeil…

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La mer qu’on voit danser…

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Sur pont, parfois sur le ponton,
toujours prête pour de nouvelles aventures…

Que sera, sera !

Que suis-je ? Une ville gagnée sur la mer, où le sel a gagné sur le sable. Un village de pêcheurs, qui par ferveur a trop vite grandi. Un lieu de culte en mai et en août envahi. La fin du voyage pour une Miréio trop croyante et trop peu couverte. Une croix posée comme une résurrection pour ceux qui ont fui Jérusalem. Un bout de terre comme un bout de crau, qu’on appellerait le bout du bout, de tamaris et joncs tout planté. Des chevaux blancs comme des vagues, des taureaux noirs sans ailes, des mouettes qui ressemblent à des goëlands, des flamands roses qui ressemblent à des flamands avec l’accent. Quelques photos comme autant d’indices pour vous mettre sur la piste… Spéciale dédicace à une ornithologue distinguée qui se reconnaîtra, comme elle reconnaît le busard des roseaux et qu’elle parvient à distinguer le héron pourpré du butor étoilé !

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Ceci n’est pas la mer !

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Ceci n’est pas le soleil !

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Lignes de fuite …  

Que primavera, vera…

Voilà, c’est dit, c’est fait, c’est parti ! Le printemps s’installe ! Dans le Sud, avec deux semaines d’avance sur le Nord et deux semaines de retard sur l’année dernière. L’air est plus doux, le soleil plus haut, le bleu moins nuageux. Il y a désormais des fleurs sur des arbres d’un vert chaque jour plus tendre. Des iris, le long des routes et les premières fraises à savourer. Oui, j’aime bien être ici en cette saison-ci ! Bien sûr, il y a toujours cet épineux problème, celui de savoir comment s’habiller ?  Le matin est encore frais, le vent est toujours violent, et à quinze heures, il fait chaud comme à midi. La solution, c’est le foulard ! Celui qui emballe, qui protège, qui s’étale, qui s’enlève. En couche superposée, j’en mets un ou deux volontiers, voire plus. Je n’ai pas de religion en la matière mais je n’oublie jamais les lunettes solaires. La lumière derrière les remparts est pareillement belle, et je découvre des rues interdites, des places inconnues. Je n’ai jamais fini de me perdre en Avignoun, en dedans et en dehors. A passer le pont, vers la Barthelasse, jusqu’à Villeneuve-perdue-en-gard. A passer le pont sur la Durance, jusqu’aux pieds des Alpilles. J’avoue aussi, c’est parfois si beau que j’en perds mes mots. Alors je vous mets des photos. A vous d’inventer le scénario…

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Château endormi qui ne va pas tarder à s’éveiller

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Chaises prêtes à l’emploi

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Hôtel particulier prêt à être adopter…

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Clocher du matin !
Sans mentir, à neuf heures,
pour aller travailler, j’ai connu pire…

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Les antiques et les anciens,
Mistral et Gounod s’y retrouvaient
pour évoquer Miréio ! 

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Eclipse au Mausolée

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En toile de fond… 

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Aspiration…

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Autoportrait avec vespa !
Dans l’ombre et la lumière…
ça, c’est vraiment moi Cool