Herve rêvera

Au Nord, il fait tantôt beau, tantôt gris, tantôt pluie, et même bleu quand l’envie nous prend de redescendre. Au Nord, il fait des jours sans fin, sans faim, sans rien qu’à écrire, relire, redire et se dire qu’au Sud il faudrait partir. Au Nord, il y a des terrasses sans soleil, des parasols à l’ombre, des chaises au vent, des bières qui coulent en bord de Meuse. Au Nord, il y a des amis qui passent, se faufilent entre les gouttes, s’égaient sur la route, se perdent dans les impasses, se retrouvent sur la place. Au Nord, il y a cette place que je ne trouve pas, des mots qui m’échappent, des phrases qui filent comme le jour, des nuits qui s’ennuient.

Au Nord, il y a des corons, le carreau de la mine, des mines de crayons, je vous mets un dessin ? Au Nord, il y a des saveurs, des odeurs, des paysans à la foire, des relents de mémoire, je vous mets un chagrin ? Raphaël au bar de l’hôtel. Grand-mère qui s’éteint. Léon qui vagit, et des moules. Au Nord, il y a des vergers, des pommiers, des jardins aux murs enserrés, des enfants lumineux. Aussi de beaux windows, des fenêtres décorées, des parcs oubliés, des rues mal éclairées. Et puis des pavés, bien sûr ! Des pavés, on s’en prend plein la poire. Je vous un peu de herve-avec-du-sirop-et-du-pêket ? Vous m’en direz des nouvelles ! Vous en voulez des nouvelles ? Elles sont fraîches, comme la fin juillet d’un mois qui n’en finit pas. Il pleut des chats de la terrasse… bienheureux, ils ont sept vies ! C’est quoi cette vie ?

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J’ai perdu le dessin,
où est mon destin ? 

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A l’année…

Pour fêter dignement cette première année passée au pays de Liège, rien de tel qu’une croisière comme je les aime ! Populaire, comme j’avais oublié. Crème solaire, j’ai oublié. Avec l’étudiante, en complicité, une journée à ne rien faire. A se dorer. Voyager sans se presser. Muse et musarder entre meuse-et-maas. Flirter avec les Ardentes et les rayons brûlants. Descendre sans filet dans l’écluse. Arriver et se promener. A Maastricht, des maatjes fondants en filets avaler. Des livres en anglais dévorer, dans l’église déguisée. Un dictionnaire de japonais dégoter et Hieronymus Bosch, en français dans le texte. Buena vista social club, écouter. Penser à se désaltérer. Des ijs-cream sans cramer, des mémés macramés, des gamins excités, décalage assuré. Remonter. Le courant. Dans l’écluse à Lannay passer, les usines observer. De bleu se gaver. Des photos, vous voulez ? 

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Les tentes des Ardentes

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L’attente à Lannay

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L’étudiante patiente

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Le soleil au zénith

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La descente impressionnante

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Pont cassé ici prolongé !

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Quelques bicyclettes…

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Un choix difficile …

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La vie à l’usine …

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… ou la vie en Wallandrie ?  

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La parenthèse se referme,
on va remonter…

Je suis Oxi

Occis par cette chaleur, nous sommes ! Alors, rien de tel qu’un ouzo. Avec des olives de Kalamata, on s’y croit. Une salade de tomate et concombre, avec ou sans Fêta, quelques sardines grillées. Un bout d’agneau rôti au four, des aubergines au fromage de Manouri, voire des boulettes au citron. Le tout arrosé d’un Retsiné bien frappé ou d’un vin de Néméa, on s’y croit ! Ne manque que le bleu des calanques qui semble remis aux calendes grecques. Cet été, par solidarité, je vis à l’heure hellène !

Dans la cour, avec fenêtre sans mer, fêter l’année passée, un succès à l’université, une installation inachevée. Saluer l’arrivée des chats, un-deux, le départ de l’apprenti-sorcier, puis celui de l’apprentie-kiné. Mesurer le chemin parcouru, le nombre aller-retours, quatre-cinq au moins. Eviter le trois. Compter les amis qui sont passés, six-sept. Violette à l’eau fraîche. Ouvrir les fenêtres, par cette chaleur. Fermer les rideaux, par cette chaleur. Brancher le ventilateur, quelle erreur. Couper l’ordinateur, quelle horreur. Inviter les voisins, tout va bien !

A la mode grecque, les gens d’ici prennent leur chaise et s’installent à l’apéro pour causer, de tout, de rien, mais sur tout, surtout. Comme prévu, ça picole, et pas qu’à la bière. Avec ce temps, tout fout le camp. Ca fume aussi, et pas que du turc. J’avais oublié qu’ici on est tout près de cette ville, où on signa un jour un traité européen. Celui du marché intérieur, qui disait qu’on serait mieux tous ensemble, à vendre et à acheter, et puis à se serrer les coudes mais ça c’était écrit en tout petit. Un traité à libre-circuler, à échanger, des biens et des services, des étudiants, et puis aussi des plombiers polonais qu’ils disaient. Des Grecs, on ne parlait pas trop. Sauf quand les décideurs européens étaient invités à Corfou, à Rhodes, à Santorin, on s’y sentait bien. J’y étais, j’en étais, sous pression, avec une carte de presse.

Un sommet européen à Athènes, c’était quand même autre chose que le hall des foires de cette ville au nom barbare, en bord de Meuse-Maas-quelque-chose, là où périt d’Artagnan. Là où mon idéal européen s’est envolé… non pas Waterloo, morne plaine. Je vous parle de la bataille de Syriza. Va falloir qu’on la gagne celle-là ! Aujourd’hui, nous sommes tous des Grecs endettés ! Demain, j’irai danser le sirtaki sur la Batte. Et j’espère que nous serons aussi nombreux que sous le pont d’Avignoùn et dans le port d’Aighion.

184602_le-drapeau-europeen-et-le-drapeau-de-la-grece-flottant-au-dessus-du-parthenon-a-athenes-le-4-juillet-2011.jpg Vous voulez du bleu ?  Vous voilà servi !

A 20 ans, j’ai adopté la Grèce
avant d’adopter l’Europe et je ne veux pas subir ce déchirement.

(la photo n’est pas mienne)

        

Bleu sourire

Bleu, le sourire de l’étudiante ! Neuf et dix font dix-neuf en japonais et une moyenne de quinze qui lui donne toutes les raisons d’espérer. Mission accomplie, première année à Liège réussie, deuxième d’un bac, troisième en réalité. Et il en reste trois, ici ou là. Voire même plus, si très grande affinité avec l’université ! Face à l’opéra, un bandeau d’information défile. Il annonce la création d’un master-Chine-et-Japon, unique en Belgique. C’est tentant ! Presque autant qu’un master en musicologie qui se déroule pour l’essentiel… dans la ville nouvelle ! Retour à la case départ ! En attendant, il faut consolider les acquis. Elle n’a pas vingt ans ! C’est dire que les dix-neuf lui vont bien.