Un peu plus à l’Ouest…

A ceux ou celles, qui s’inquiètent ou s’inquièteraient d’avoir de mes nouvelles, de savoir où je me terre en ces jours de lumière renaissante, rasante ou fuyante, je vous livre un morceau de bleu très éclairant. Et quelques variations de printemps, saisies hors du temps, parce que oui, ça se réchauffe dangereusement ! Pendant que l’étudiante étudie méchamment, j’étais quelque part entre nulle part et ailleurs, dans des souvenirs d’avant et d’après-guerre, celle du Golfe sur fond de querelle linguistique, golf au zoute et gauff’ au suk’ avec bmwé incorporée. Op de Vlaamskunst waar rijk Vlaams thuis zijn ! Enfin, quand nous étions nous aussi chez nous, c’est-à-dire en enfance. Le temps partagé, au couchant avec maman, assises sur les bancs du Petit-Nice et Rampe-de-Flandre avec grand-maman. Avec mon petit frère, rue des hirondelles, que la vie était belle… ou juste une promesse. Ou simplement une illusion.

IMG_2332.JPG

Blauw op de dijk  !

IMG_2334.JPG

Ce bleu qu’on dit d’Anvers…
il paraît qu’on naît toujours quelque part!

IMG_2320.JPG

Jonquilles au béguinage…

IMG_2326.JPG

…et béguins sur la plage ! 

D’autres photos à suivre, avec meilleure lumière, parce que – oui – j’ai retrouvé un appareil digne de ce nom, et que j’espère pouvoir très vite, bientôt, incessamment, sous peu, tout à l’heure, demain, ce soir, partager encore d’autres moments. Si la vie est faite de riens, ceux-là étaient vraiment bien… 

 

Advertisements

Mise en scène

DSC_3163.jpg

La vie, c’est du théâtre et des souvenirs ! Souchon bien sûr ! Ici même, il y a bientôt trois ans. Mirèio aussi. Il y a un an déjà. Il faisait gris et un peu froid. Ma fille, qui aura vingt ans demain. Qui pour l’opéra se passionnera ! Il faisait bleu, quand elle avait seize ans au même endroit. Festival en juillet, débauche de mensonges. Vestiges d’automne en terrasse. Une amie m’accompagne, un complice qui s’éloigne. Les ombres grandissent, les parents absents. Une passera, d’autres passeront. Le soleil reviendra. Manivelle tourne, mais c’est ma vraie vie qui tourne… Gros plan sur toi, comme il est dit dans le scénario ! 

Plusieurs nuances de bleu

A celles qui posent la question, oui, le ciel est encore bleu ! Mais teinté de gris, et ce dimanche, la pluie s’est invitée. Une sale pluie qui mouille comme en Nord-Picardie, et comme partout. Une pluie collante, qui suinte et s’infiltre. Une digue a cédé. On ne sait pas trop quand mais elle s’est rompue. Le flot est impressionnant, dégoulinant, dégoûtant. La marée monte, qui va pouvoir la contenir ? Il y a désormais plusieurs nuances de bleu. Du marine au royal, du ciel au bleu nuit. Le soleil se couche, faible lueur rouge, à peine rosée. Ami, entends-tu, le vol noir des corbeaux sur la plaine et les cris du fin fond des calanques ?       

IMG_2230.JPG

A ceux qui s’interrogent, oui, le voyage s’est bien passé. Voyage allongé, sans café serré, la faute aux contrôles de sécurité. Encore peu rodés, les policiers plein de bonne volonté ouvrent les valises à tâtons. S’en suit, une heure d’attente dans le froid d’un grand hall, privé de sièges, de distributeurs et même d’ascenseurs. Heureusement que le lift du quai 15 fonctionnait, pour une fois. On ne peut pas tout avoir en même temps. Seule une publicité défile, pour visiter… la Tunisie, le pays authentique supposé nous réchauffer ! Des files à l’entrée mais plus de douaniers. La routine s’installe, l’habitude reprend ses droits. J’observe.

IMG_2216.JPG

C’est glauque le hall d’une gare !

Comme à chaque fois, je guette, le regard en alerte. Peu de couples, quelques femmes seules, et il me semble beaucoup de jeunes gens, isolés, basanés, plus qu’à l’accoutumée. Ne pas flipper. Ils ont été longuement interrogés, me dit mon voisin, un ancien qui s’étonne de tant de précautions discriminées. Le niveau est revenu à 3, ce qui signifie probable et non plus imminent. Il faut lucidité garder. En voilà un que je reconnais. J’ai vu son portrait à la une. C’est lui ! Ou son frère ! Ou pas. D’ailleurs, il me revient que celui-là décéda… Ce n’est donc pas lui. Ne pas penser, ne pas se focaliser. Descendre le bébé d’une femme à peine voilée. Gérer les bagages de deux pintades lyonnaises qui s’incrustent dans le couloir. Allez donc demander au terroriste caché à la rangée 4 si vous pouvez déplacer son sac plein de gravats pour y glisser votre valise ! Un voyage à l’ordinaire. Brumeux, plus qu’à l’ordinaire. Enfin, apercevoir le Ventoux, nappé d’un délicat velouté. Laissez-moi rêver…

Du bleu partout, surtout samedi, et puis dimanche. Lundi aussi, en terrasse, prendre un thé. Et mardi, en terrasse, déjeuner sous un platane défeuillé. De soleil se laisser bercer jusqu’au coucher. Mercredi, traverser la Crau et la Camargue automnales. Festival de couleurs, ocre et violine, rouille et vert olive, jusqu’aux Saintes. Inutile de prier, l’église est fermée, la ville abandonnée. Point de touristes, quand on sème la terreur. La mer est grise, le port est désert, le silence et les oiseaux sont revenus. Au bar du pêcheur se régaler d’un bar. Appuyer sur pause. L’acceng chantant, le temps des questions innocentes. Vous voyez la boulangerie à côté de la mosquée ? Pardi, c’est ma belle-soeur ! C’est l’heure avant l’heure. Incertaine. Au musée antique, s’évader.

IMG_2231.JPG

Quelques belles nuances de gris-bleu

IMG_2240.JPG

Ville sans âmes

DSC_decor.jpg

Décor en carton pâte

Ensuite dans ma cité illuminée, aller se promener. Frisonner, sourire et retrouver une amie attablée. Au marché de Noël s’égarer. Les santons sont tristes cette année. Les chalets ne sont plus blancs mais bruns, ici comme partout. Les militaires sont armés, les effectifs dédoublés. Le square est fermé, pour une durée indéterminée en raison des événements, est-il précisé. Sur la place, le téléthon bat son plein de générosité et de solidarité, qui me redonnent à espérer.

Vendredi, à l’Université, je suis retournée. J’ai passé le check-point à Saint-Lazare, mon sac fouillé, ici comme partout. A la bibliothèque me réfugier, dans les livres me plonger. Entre musique et Orient, s’immerger. Croiser un étudiant qui étudie les enceintes fortifiées de la Grèce antique. Evoquer Mycènes, se souvenir du Péloponnèse. Se demander quand on pourra y retourner. Et si la guerre de Troie va durer longtemps ? Tout semble comme avant et pourtant tout est différent. 

IMG_2256.JPG

Ancien hôpital devenu faculté universitaire, un endroit où apprendre à penser l’universel.