Suspense

Comme si ce n’était pas déjà assez difficile comme ça, les résultats tant attendus de la session interminable, qui s’est terminée la semaine dernière, ne sont toujours pas connus ! Bug informatique, paresse administrative, blocage académique ? Où sont donc passées les notes qui n’ont pas été encodées, ni transmises aux étudiants ? Ce n’est pas non plus qu’on aurait pu avoir trois notes sur quatre, ni même deux sur cinq, ou juste le début d’une indication. C’est beaucoup radical que ça : aucune note sur aucun examen n’a été communiquée. Ni même affichée aux valves, ce serait bien trop simple et ce temps-là est révolu ! A l’étudiant de nos jours, on demande patience et résignation. Les plus chanceux, partis aux sports d’hiver, auront eu de la poudreuse… ou pas. Pour les autres, pas de poudre aux yeux, ni aucun fard aux joues ! 

 

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Fin de session

Or, donc, nous voilà réjouis, en ce 24 janvier, dimanche cracra, gris et pluvieux ! Un jour d’hiver, après la neige, quand la fonte accélère le cours des ruisseaux sans prévenir. Un jour qui rallonge au matin. Un soir qui s’éloigne vers une nuit de pleine Lune. Tiens, j’éternue. Les voisins ont emménagé, toute la journée, la porte grand ouverte, la musique à fond, les caisses à donf. La voisine a déménagé, toute la soirée, la porte jamais fermée, le chien dans l’escalier, les caisses au palier. Tiens, j’ai éternué. Les papiers, j’ai rangés. Les dossiers à trier toujours entassés. Les chats couchés ont tout fait tomber. Encore raté, il me faut ramasser ! Poussière amassée me fait éternuer ?  Ou seulement ce vent froid qui se glisse sous la fente du plancher, le long de la plinthe, près du chambranle, j’en tremble. Manquerait plus que je prenne froid.

Or, donc, la bonne nouvelle, en ce 24 janvier, outre la sortie de l’ouvrage d’un ami très vain qui écrit très bien, c’est que la session de l’étudiante est enfin terminée ! Deux semaines de blocus et trois semaines d’examens, émaillées de fête de fin d’année, de noël au balcon, de feux d’artifices en terrasse, de crise de colère et de découragement, de morts subies et de regains d’intérêt. Semaines sous haute tension. Il a fallu composer entre philosophie antique et histoire contemporaine ; balancer entre le rock et l’opéra ; se débrouiller entre le rommelpot  et la théorie musicale ;  départager Japonais et Okinawais. Ah ouais, c’est quoi ça ?

Déjà que c’était pas facile, il a fallu un décret “à-la-con” qui impose des examens partiels pour tous les cours, même pour ceux qui ne sont pas terminés au premier quadrimestre ! Examens non dispensatoires, qui donc ne servent à rien, puisque toute la manière fera l’objet d’un nouvel examen en juin ! Voire en mai, si la session commence plus tôt. Donc, au lieu de cinq matières déjà bien solides, voilà l’étudiante obligée d’en présenter huit. Mais qui est le sombre crétin qui a imaginé pareil système ? Je veux des noms ! Etudiants épuisés, en larmes, hagards, se sont succédé sous les yeux des profs dégoûtés, eux-mêmes écoeurés de la nouvelle règle du jeu. C’est pas moi qui l’ai inventé, si vous lisez la presse bien informée, vous l’aurez lu ! Et pas qu’en faculté de médecine. 

Or, donc, au final, l’étudiante avait un horaire à moitié pourri seulement, moins pire que certains condisciples. Car, bien sûr, puisque tout le monde suit désormais un cursus différent (options, mineure et étalement), plus personne n’a le même horaire que son voisin. Ni pour les examens, ni pour les cours bien sûr, ce qui donne lieu à de joyeux chevauchements, appelés fort justement conflits d’horaire. Situations opportunément résolues par un vote des élèves : “la majorité l’emporte, les autres se débrouillent”. J’aime —ô que j’aime— cette loterie qui donne tellement envie d’apprendre et de partager le savoir. Comme si l’université avait perdu sa vocation première, celle de transmettre et de former.

Or, donc, les résultats, on ne connaît pas et on ne connaîtra pas avant huit jours. Sauf le rommelpot, qui a fait l’objet d’un 30/30 bien mérité mais ce n’était qu’un partiel ! Pour la peine, pour votre bonne information, je vous mets une illustration de l’objet en question ! 

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Instrument typique des fêtes populaires du platteland, dont vous penserez ce que vous voulez ! Personnellement, mais c’est très subjectif, je préfère le mode de vie des Okinawais, qui vivent centenaires sur des îles au cadre idyllique, avec du bleu, bien bleu, voire même turquoise ! Là, oui, je vote pour.

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Ceci n’est pas une photo
de ma collection personnelle
!

 

Sale temps pour les artistes

Nous nous sommes tant aimés,
une vraie passion d’amour.
Allongée sur la terrasse, je repense à
cette journée particulière,
le dîner et puis le bal,
la plus belle soirée de ma vie.
Maintenant, quand je regarde,
autour, ils sont tous devenus
affreux, sales et méchants !

Mais, je me fais sûrement des films…

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Ciao, l’artiste !

Beau, Oui !

Je pleure doucement mais Rebel je resterai. C’est comme une blessure, une brisure. Je n’ai rien vu. Je savais, j’étais aveugle. Ce bandeau sur les yeux, c’est nous qui étions dans le noir. Tout était écrit, tout était prévu. Le dernier album, le dernier cadeau, le dernier clip, Lazarus, les mots même étaient choisis. Magistralement orchestré. Avec quelle énergie, quelle lucidité, quelle audace, quelle créativité ! Comme il a toujours été. En avance sur le temps, sur son temps, le nôtre. Quelle chance d’avoir partagé avec lui cette fin de siècle, ce tournant du millénaire. Quelle chance de l’avoir croisé, de l’avoir vu, d’avoir pu l’aimer. Je l’avais placé à la tête de mon panthéon personnel, bien loin devant tous les autres. Comme une évidence. A choisir, Bowie.

Le retrouver, en filigrane, au détour de nos vies. Du générique créé pour une émission de radio au début du concert de U2, du show-case de Raphaël au pseudo de Jean Genie. Dans un livre de théorie musicale, de Furyo à Arno, de Verlant à Rieppi, de Londres à Montreux,… il a émaillé nos vies de héros. Jusqu’à ce funeste matin où Laforge ne s’est pas levé pour rien. Just for one day !

En 1978, un concert parfait qui commençait à l’heure dite. il était prêt. Tout était prêt, programmé, millimétré. De répétition en répétition, mettre en scène sa propre disparition. Y réussir ! Tenir, se taire, souffrir. De si longs mois, saloperie ! Vouloir garder le contrôle jusqu’au bout, choisir de dompter la mort, et pourtant la maladie a gagné. Même sur lui, l’extra-terrestre, si grand, si différent. Admirative et bouleversée par ce rock’n’roll suicide.


An Neuf (2+0+1+6)

Voilà qu’elle a commencé cette année, sans trop se faire remarquer autrement qu’en enterrant la précédente, qui fut chaude et violente. Bien sûr, elle a déjà fauché au passage quelques Michel, quelques musiciens, quelques comédiens, notre lot devenu quotidien. On la voudrait différente, et pourtant on sait bien que rien ne change vraiment. Que toutes les bonnes résolutions seront au diapason de nos illusions, le temps d’une chanson. L’occasion de se souhaiter un vent meilleur et des moments de bonheur à grappiller, ici ou là. S’évader sans laisser le temps s’échapper.

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Pour bien commencer, je vous mets du bleu de Bruges. Un bleu d’hiver qui ressemble au printemps du Nord. Un canal moins bas qu’il n’y paraît, dans une ville où j’avais régulièrement rendez-vous avec un imprimeur, qui était une imprimerie du temps où les rotatives tournaient encore. Une ville européenne qui forme des eurocrates que j’aurais voulu former à être moins crasses, plus humains, plus malins. J’ai dû sauter une étape…

Plus au Nord, je vous mets du bleu Rembrandt qui ressemble à un village de carte postale, et sans frontière, du temps de Schengen. Une époque où on circulait sans plus penser qu’on pouvait être arrêté en si bon chemin, en traversant seulement le jardin, sans imaginer qu’on pourrait couler dans un bras de mer infranchissable, ou même mourir sur le sable.   

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C’est là qu’on s’aperçoit qu’on a vieilli et l’appareil photo aussi ! Sur la plage, qui ressemble indifféremment à un tableau de Spillaert (Léon) ou de Van Rysselberghe (Théo), on se dit qu’il n’y a pas que la lumière qui nous joue des tours ! On réalise qu’on ne sera jamais Vincent, autant m’importe le vent. 

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Revient alors l’envie de reprendre l’aquarelle qu’on a abandonnée, on sait désormais pourquoi ! Des photos tu feras, et autant qu’il t’en plaira tu rateras ! Ce fut un vrai plaisir de reprendre l’appareil en main, ce fut une vraie déception de voir la réalité déformée, ce fut un vrai crève-coeur de voir qu’il était vraiment cassé ! Je vous en mets quand même, quelques photos, très étonnantes, pour vous inviter à jouer,  pour apprendre à vous méfier des apparences. Et puis, ce bleu hallucinant, halluciné, qui n’a plus rien de commun avec rien. Parce qu’en 2016, tout peut vraiment arriver !

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Photos garanties sans retouche aucune ! Mais moi, j’aime bien retoucher les mots pour leur donner du sens. Les détourner pour y découvrir une vérité. Sur la dernière photo, on peut lire au fronton de l’église, trois mots gravés. DEUS, un mot qui prend une place démesurée, quel que soit le prénom qu’on lui donne. Il va marquer cette année, et d’autres encore, au long de ce siècle, comme André l’aurait dit. REFUGIUM, un mot qui prend toute sa dimension quand il s’agit d’accueillir toute la misère du monde, et même qu’on n’aura pas fini d’en parler en 2016. NOSTRUM, enfin, un mot qui nous renvoie à ce que nous sommes, tous ensemble, et à notre bien commun, la Terre. Bien sûr, il faut pouvoir décrypter ce message caché ! Lire entre les lignes pour deviner l’avenir qui reste à inventer. Vous avez le champ libre pour être heureux comme vous l’entendez !

Un voeu pour 2016 ? Ce serait bien quand même d’avoir un appareil qui fasse de vraies photos pour vous écrire de vrais textes qui vous raconte de vraies histoires… A propos d’histoire, l’étudiante étudie pour son examen d’Histoire contemporaine. Et je vous assure, ce n’est pas marrant tous les jours. Vivement qu’elle se remette au japonais !