Kondo Kondo

Il y a des nuits et puis des jours. Des jours où le chat vient se lover contre l’étudiante qui étudie des japonaiseries et des nuits à réviser pour s’assurer qu’on n’a rien oublié. Point virgule, à la ligne, double tréma, que dis-tu là ? Kondo de l’ère Héian, bleu et or le décor, les saisons du Japon en déclinaison, variations de haïkus en chanson, 36 vues du Mont Fuji, pourquoi pas en musique ? Delage et Messian. La grande vague du japonisme, quel drôle d’engouement en Occident.

Je n’ai pas besoin d’estampes japonaises, car je dis toujours qu’ici, je suis au Japon” ! Vincent disait volontiers que la région lui paraissait si belle, “par la luminosité de l’air et le joyeux effet des couleurs. L’eau forme des tâches d’un beau vert émeraude et d’un bleu profond dans le paysage, semblables à celles que nous voyons dans les estampes japonaises“. Il parlait du Sud bien sûr ! Du pays d’Arles, du pays de Mistral, de Miréio et Vincent… Moi, je dis volontiers qu’à Vaison, je suis comme la maison !  

Je n’y suis pas, pas encore. Ici aussi, en mai, il y a des iris et du lilas aux couleurs de lavande. En mai, on ne fait pas ce qui nous plait mais il nous plaît de faire ce qu’il faut pour être au fait, ou au faîte. L’étudiante, au pied de la montagne, vient de remettre son travail qu’on n’appelle pas encore mémoire, sans savoir si ce sera une thèse, ni si elle ira à Fukuoka. Après tout, pourquoi pas, ainsi la vie va. 

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Encore quelques marches à gravir… 

Qu’il est long le chemin
et pourtant qu’il est court.

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Ah l’eau…

Comme à Paris et comme à Londres, voilà qu’enfin, Liège se dote d’une navette fluviale ! Ce sera à partir de juin et durant tout l’été ! Entre le musée Curtius et le musée de la Boverie, autrement dit, entre chez moi et là-bas, je me réjouis déjà ! Vraiment, je me réjouis tant il est évident d’utiliser un fleuve pour se déplacer ! Même que je pourrais aller travailler sans me mouiller…  

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C’est un peu la City par ici…

NB : Les plus perspicaces devineront dans le fond la fameuse passerelle. Les mêmes qui auront bien sûr remarqué que je n’étais pas sous le pont d’Avignon mais sous le pont du Gard ! Ce serait trop facile d’essayer de vous faire croire n’importe quoi… cool

 

MAMAC en mai

Voilà que pour passer de l’hiver à l’été, il aura suffi d’éternuer ! De mars, nous voici en mai ! Je n’ai pas compté avril autrement qu’en NuitDebout, du #32 mars au #61 mars, assise derrière mon ordinateur. Sur la place, au milieu d’incroyables comestibles et d’improbables Terriens déguisés en Marsiens, j’en aurais des choses à raconter si seulement j’avais pris le temps de tout noter. J’y reviendrai, lors d’une prochaine chronique martienne lorsque j’en aurai fini des chroniques japonaises. L’étudiante se concentre, le terme approche, j’y reviendrai aussi.

Or, donc, pas besoin de tégévé cette année, il fait plus chaud dans le Nord que dans le Sud ! Il fait meilleur sur l’île de la Boverie (du vieux wallon beuverie) que sur l’île de la Barthelasse (du provençal bart-hélas mais l’étymologie n’est pas garantie) où le décor est plus classe quand même ! Dès que le thermomètre s’emballe, on voit bien qu’il y a partout les mêmes gens, les mêmes chiens, des vélos pareils, des enfants, des poussettes, des canettes et des canetons, de la musique et du son. Dès qu’il fait trop chaud, rien ne ressemble plus à un humain en chaleur qu’une femme sans ardeur. Oufti! J’avais oublié comment c’était quand on transpirait… D’ailleurs, à 21 heures, ils sont tous assis !

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Il me plaît de croire que la petite maison fut celle mes grand-parents…

Hier donc, j’ai cédé à l’appel des sirènes pour aller voir le ballet nautique, pompeusement appelé opéra. Il se déroulait sur la dérivation de la Meuse, qui est un bras de l’Ourthe, entre l’ile précitée et le quartier des Vennes, plus facilement dénommé médiacité (du latin médiocre), c’est-à-dire centre commercial pas chic et trop cher. Vous situez ? Pour y accéder, depuis la nouvelle gare Calatrava (puisqu’on dit comme ça), une passerelle ! Que dis-je, une ? Elle se dédouble, même qu’on l’appelle La Belle Liégeoise, puisqu’elle a deux jambes, entre lesquelles se glisser. Encore fallait-il oser ce nom! Qui se souvient de la grande révolutionnaire, Anne-Josèphe Théroigne de Méricourt ? Ca lui fait une belle jambe maintenant d’avoir une passerelle sur la Meuse, AJTDM ! 

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Passerelle avec du rouge

Sur la passerelle, donc, je n’ai jamais réussi à monter, quand la pluie a commencé à tomber. Nous étions cent, nous étions mille, et par de prompts renforts, la passerelle pouvait céder sous la pression de nos corps échauffés. Nous étions filtrés, comme à l’aéroport et comme dans toutes les gares ! Au compte-goutte sous les gouttes, sans passe-file se faufiler. J’ai renoncé à emprunter ce tire-fesse-à-badauds. Venue à pied, je suis repartie en bus. La noria des véhicules polluants valait bien la roue à aube qui s’enflammait sur l’onde agitée. Avec sa voiture flottante et son cygne à vélo, ce son et lumière n’avait d’opéra sur l’eau que de nom. Un feu d’artifice en musique auquel les plus valeureux des Liégeois ne pouvaient accéder, puisqu’on avait jugé opportun d’obstruer la vue du pont. Derrière les nadars autant dire qu’on voyait nada!

Vous dire que cette soirée-là ne restera que dans l’imaginaire des plus téméraires !  D’une fille juchée sur les épaules de son compagnon, les commentaires se font en direct, façon Léon, mais sans emphase : “…j’aperçois un garçon sur une barque-poubelle, en vert… et voilà un autre qui s’approche dans un lit, mais que fait-il? … je ne saisis pas bien l’intrigue…”!  C’est là que j’ai renoncé à comprendre pourquoi j’étais là.

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 Arbres bleus, façon Vincent !

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Fleuve rouge…

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D’ici on voit bien qu’on ne voit rien !

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Musée d’art moderne et d’art contemporain,
c’est incertain,
il y a du bleu mais pas que…

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Mais que c’est beau un fleuve la nuit !