Mai nous déplait

Voilà, les cloches ont sonné. Ils sont mariés. Sur la place, le cortège s’éloigne et le marché aux plantes reprend ses droits. Des enfants s’écrient et jouent, des cris, des rires et des photos. Celles que j’ai oublié de prendre. Tout se bouscule joyeusement. Le chat du voisin, qui est aussi à la voisine, a disparu. Trop de bruit, tout ce monde qui  s’étire, qui s’étale, qui s’installe. Puis disparaît. A la tombée de la nuit, il est revenu. Tout est bien qui finit bien. Mariage princier, duc et duchesse, en boucle à la télé que je n’ai plus, quelle chance! Là aussi, on connaît déjà la fin de l’histoire… et ils eurent beaucoup d’enfants. Aucun suspens. C’était samedi, un samedi ordinaire sur la Terre.

Un beau jour de mai, comme on aime qu’ils soit doux et serein, partout et même à Seraing. Après, bien sûr, il y a eu des orages, des inondations, des emmerdements. Et même le jour avant, la mort d’une enfant de deux ans. Vous avez perdu la balle ou la boule? Un enterrement, celui d’une maman qui avait perdu la mémoire. Des réfugiés qui n’en finissent pas de migrer sans fin, des ambassades qui déménagent, des militants qui se font tirer dessus par des militaires, des zadistes qui se font évacués par des gendarmes et des grenades. Ne restent que nos larmes pour pleurer. Mai n’est pas toujours joli-joli. 

Celui-ci fut particulier. J’ai réappris à marcher sans tomber mais pas sans me faire mal. Je me traîne encore, je m’entraîne parfois. Je fais comme si. Tout va bien, je vais bien. On avance sans se retourner, la tête dans le guidon. On égrène les perles. Chaque jour rétrécit le collier qui nous a été donné. Mais avant être enserré, on veut s’assurer que les perles dispersées soient belles. Qu’elles profitent à d’autres, qu’elles rayonnent. L’orage se rapproche. L’étudiante révise son chinois moderne. L’ancien est passé et s’est bien passé. En juin, elle attaque le sanscrit. En juillet, elle termine son mémoire. En septembre, ne sait ce qu’elle fera. Ni moi.

Seule certitude, je ne serai plus ici ! Plus sur ce skynetblog qui m’a hébergée depuis cinq ans, que dis-je, dix ans. Et même douze, c’était dans une autre vie  Il va fermer pour cause de fin de parcours. Vous me retrouverez —peut-être, sans doute— si je parviens à migrer, sur wordpress. D’ailleurs, vous m’avez retrouvée !!! Si vous me lisez ici, c’est que vous y êtes arrivé ! Avec ou sans le lien de redirection, qui va persister jusqu’à la fin de l’année. Après, advienne que pourra. Auparavant —mais rapidement— si vous avez aimé des textes que vous voulez relire, si vous voulez conserver des photos que j’ai postées, servez-vous, avant que tout disparaisse dans le trou noir qui nous sert désormais d’espace de vie virtuelle. Rien n’est éternel. Je vous embrasse comme il se doit.    

rideau.jpg

Rideau !
Rouge comme il se doit…
à Avignon comme partout.
J’espère que vous avez
apprécié la mise en scène,
balbutiante parfois mais sincère.

Advertisements