C’était un dimanche seize

C’était un dimanche de septembre. Un dimanche comme celui-ci, peut-être même à la même date. Je vérifie, le seize, en effet. Il y a six ans exactement. Elle avait seize ans. A la gare du Midi on embarquait pour le Sud, d’amies entourées, pour un moment suspendu. C’était le début d’une longue aventure. En-Avignoùn, avant même la création de ce blog. Les premiers jours, les premières semaines que vous ne connaissez pas. Le départ précipité. Un coup de fil, le jeudi, a suffi pour nous décider à boucler les valises.  Inscription au Lycée du vent chantant, où elle a vite déchanté devant le travail à mener. Du travail, j’en avais dès le lendemain, pour une mission parisienne, qui me redonnait espoir. Et puis Lyon, et puis Montfavet, puis le mouvement pendulaire a commencé.

Des premiers mois, vous ne savez rien. De sa logeuse, commerçante venue de Nyons, danseuse de salon, aux accents racisants-mais-jamais-bien-méchants. Du coup de volet sur la main l’étudiante qui a fait son premier concours blanc en grimaçant. Des versions en espagnol sur fond de Muse qui cherchait à nous amuser. Du premier marché de Noël aux chalets blancs sur la place de l’horloge. Tic-tac, le temps a passé. Des démarches et des requêtes. De l’inscription en histoire par défaut. Enfin, l’installation provisoire dans l’appartement au goutte-à-goutte. La suite vous l’avez lue, devinée entre les lignes.

Il y a eu le festival, une fois et plus, les marchés de Provence, une brève incursion à Aix, puis Bruxelles pour une très dense année, puis le déménagement vers Liège, l’inscription en chansons et Japon. Un premier TFE, des notes brillantes et des déceptions. Et toujours Avignon, la découverte de ses environs. Des toiles et du Mistral. A la vitesse du train qui fonce entre les incidents et les attentats, les années ont passé trop vite. Quelques ascenseurs en panne, un séjour nippon et le retour au terminal. Un mémoire pour un été torride qui restera dans les annales. Une défense avec brio, et de nouvelles espérances.

Jeudi, on attendait un appel qui nous rappelle à Paris. On se disait qu’on partirait le dimanche seize. Mais ce fût la déconvenue, un dossier administratif bloqué pour d’obscures raisons numériques. Le décret de Bologne n’est toujours de mise à Lutèce. Vendredi, encore dépitées, ce fut la belle surprise. La plus grande distinction accordée qui laisse entrevoir de nouveaux horizons, entre Meuse et …une ville qui reste à déterminer!

Ce ne sera pas un grand départ, quelques ajustements, la poursuite d’un cursus aux contours incertains, avec peut-être des concours. Mais ce qui est acquis, en six ans, permet d’espérer qu’il y aura encore d’autres voyages, d’autres histoires, d’autres recherches, d’autres mémoires. Peut-être aussi que le blog se fera plus discret.

On ne sait pas toujours tout. Parfois, il faut deviner. Quelque fois c’est risqué. On avance à l’aveugle. Enfants, avec mes frères, on jouait au Stratégo©. A trop jouer à ce jeu —militaire s’il en est— les deux ont fini par faire l’armée. Seul le plus jeune y est resté, moi je n’y suis jamais passée. A ce jeu, les démineurs sont les plus humains. Des pions stratégiques indispensables pour avancer et détruire les redoutables bombes qui entourent l’ennemi. Mais ce sont aussi les premiers à tomber, face à n’importe quel soldat ennemi. On les envoie, non pas en éclaireurs, mais en appui, au moment où on a identifié de possibles mines, stèles cruelles. Ils n’ont qu’une seule chance et aucun droit à l’erreur. Je ne sais pourquoi j’y pense, alors que ça tangue, ça grince et ça gronde dans un monde jamais en paix. Il n’y a pas que les éléments qui se déchaînent. Et je repense à Siméon le stylite, qui espérait qu’à rester ficher sans bouger le monde allait changer. Fuir ou rester. Que faire ? Nicolas est parti, d’autres s’en iront, les migrations sont le lot de l’humanité. Nous voilà avec une nouvelle question existentielle. Il y a bien des élections locales mais, cette année, je ne m’en soucie guère. Je redescends bientôt…

 

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Serait-ce le début ou la fin des sushis ?

 

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